PLACE DES ARTSUn Lac des cygnes gelé à la PdASarah Talbot Le Journal de Montréal 16-04-2008 | 08h52
«Il s'agit certainement d'une production à risque élevé. Nous devions vendre 20 000 billets pour défrayer les coûts de la production. Un chiffre que nous sommes sur le point d'atteindre», explique Michel Gagnon, directeur de la programmation de la PdA. «Le spectacle est d'une qualité artistique formidable et nous croyons qu'il attirera un large public. Nous espérons des bénéfices importants qui nous permettront de prendre d'autres beaux risques dans le futur et ainsi offrir au public montréalais un plus grand éventail de productions», conclut Michel Gagnon. Patiner sur une scène Il n'aura fallu que de 24 heures pour installer la patinoire sur la scène de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts (PdA). Et pourtant, il ne s'agissait pas d'une mince affaire. Quinze kilomètres de tuyaux ont été étalés sur une toile étanche qui recouvrait la scène de 225 m2. Ces tuyaux ont été remplis d'un mélange d'azote et d'eau. Puis la température a été abaissée à -15 °C. Un frimas s'est créé sur les tuyaux et ils ont été recouverts de cinq tonnes de glace à cocktail pour commencer. Puis, au courant de la nuit, une dizaine de personnes ont surveillé et arrosé les installations aux 15 minutes. Quatorze mille litres d'eau seront utilisés au total. L'étape finale consistait à polir manuellement les trois pouces de glace. À la fin de l'installation, 14 tonnes de glace se trouveront sur la scène de la salle Wilfrid-Pelletier. À première vue, ces chiffres impressionnent et le projet semble complètement farfelu. Mais le responsable des services scéniques de la PdA, Yves Bérubé, se fait rassurant. «L'ampleur du projet est comparable à celle d'un grand opéra. Le défi se situait bien entendu sur le plan de la logistique. Trois conteneurs nous ont été envoyés depuis l'Afrique du Sud, où la troupe se produisait», explique-t-il. Mais pourquoi ne pas tout simplement présenter le spectacle sur la glace d'un aréna, comme tout bon spectacle de patinage artistique? «Je tiens à offrir le confort et la visibilité des grandes salles de spectacle», explique Tony Mercer, producteur et directeur artistique du spectacle. Depuis 1993, Tony Mercer produit plusieurs théâtres sur glace, dont La Belle au bois dormant, Cendrillon et La Belle et la Bête. Après deux semaines de représentations à Montréal, la troupe se dirigera vers Toronto, où elle terminera sa tournée mondiale, qui aura duré deux ans.
|