PETER MACLEODJuste envie de rireAgnès Gaudet Le Journal de Montréal 22-03-2008 | 05h00
Pour faire la promo de MacLeod 3 à la télé, on verra l’humoriste enfourchant sa motoneige et, par mégarde, en démarrant sa monture, donner un coup de coude au casque de sa passagère, qui, évidemment, bascule dans le paysage. Du grand MacLeod. Depuis le temps qu’il fait ce métier comme il l’entend, MacLeod ne changera pas. Il sait pertinemment ce qui choque, ce qui lui vaut des critiques. Et après? La formule lui réussit. Partout, ou presque, son spectacle affiche complet, même plus un billet à vendre. Une centaine de représentations sont encore venir cette année. Dès novembre, la machine a décollé à vive allure. «Je ne m’attendais pas à ce que ça parte fort de même, admet toutefois l’humoriste, parce qu’on n’a pas trop investi dans la publicité. On préféré laisser le bouche à oreille faire son travail et garder le prix des billets plus abordable (autour de 40 $, environ 20 $ de moins que pour certains humoristes). Avec une campagne de publicité de 300 000 $ à un million, des pubs chaque semaine à la télé et dans les journaux, c’est le monde qui paye pour au bout du compte.» PAS DE DOUTE Peter «gaspille» donc très peu l’argent de ses fans à la télé. Mais il faut bien qu’il annonce un peu que MacLeod 3 existe, ce qu’il fera prochainement très bien, mais il garde l’opération au minimum requis. «Par contre, je fais de la promotion en région même si c’est soldout. Les radios et journaux communautaires m’ont toujours aidé lors de mon premier show. Je respecte ce monde-là et, en plus, puisque tous les billets sont vendus, j’ai pas l’air d’un quêteux qui vient demander quet chose.» Avec ce show que plusieurs estiment comme le meilleur de sa carrière, Peter MacLeod sait qu’il tient deux heures de qualité. Il n’avait d’ailleurs pas de doute que ce serait un succès, «je l’ai tellement fait avec honnêteté», dit-il. TEMPS DE VIVRE Sur les routes du Québec, Peter et ses trois chums, Mario Lamontagne aux éclairages, Pierre Perreault au son et Éric Maillet, son agent et directeur de tournée, prennent du bon temps. L’humoriste avait promis désormais de prendre le temps de vivre, même en tournée. C’est ce qu’il fait entre les représentations, en jouant au poker, aux dés, en allant la pêche sur la glace ou à motoneige. «J’ai perdu le contrôle de l’horaire entre l’Ontario et Thetford Mines, où je devais être le lendemain, admet-il, mais en général, ça va bien et je joins l’utile à l’agréable. Et puis, ça marche tellement bien, je suis tellement en forme! J’ai juste envie de rire.» Dans ses loisirs, Peter rencontre les gens, il tripe avec eux et établit des relations privilégiées. La vraie vie, quoi! À Gatineau, quand il sera en résidence à la Maison de la culture tout l’été, Peter et ses chums vont même se gosser un ti-chalet pour vivre pleinement. PAS TROP DÉNATURÉ Ceux qui l’aborderont sur sa route découvriront un gars différent de celui, mal engueulé et irrévérencieux, qu’ils voient sur scène, alors qu’il blasphème toutes les dix secondes. «Je ne sacre pas dans la vie, admet MacLeod, sérieux, ma famille n’aimait pas ça. Avant d’être humoriste, j’ai fait plusieurs jobs et, au travail, les gens me demandaient de les aider à arrêter de sacrer en prêchant le bon exemple. «Sur scène, c’est autre chose. Je viens de loin. J’ai appris mon métier dans les bars, où on n’est pas respecté. J’ai développé un genre, un vocabulaire, une couleur que les gens aimaient. Ce qu’on voit sur scène est un côté de moi. Je ne suis pas trop dénaturé. «Mais il n’y a que les journalistes qui me parlent de ça, ajoute-t-il. Parmi mes fans, j’ai aussi des gens âgés. Même eux ne me parlent pas de ça.» IL S’ENNUIE DES GÉLINASPeter MacLeod, qui a quitté CKOI en mai, ne s’ennuie pas de la radio, mais de ses collaborateurs, les frères Gélinas. «J’ai tripé avec ces gars-là, affirme Peter MacLeod, mais la radio est devenue une autre place où on ne peut plus dire ce qu’on veut, où on doit limiter ses propos.» En tournée, l’humoriste peu le temps d’écouter les émissions du matin, dont celle des frères Gélinas, maintenant jumelés à Guy Jodoin et Richard Turcotte à CKOI. Quand la représentation de la veille s’est terminée à 23 heures, Peter se lève quand les morning shows sont terminés. Néanmoins, il l’admet. Il souhaite un jour revenir au micro avec Jean-Claude et MarcGélinas comme l’époque de MacLeod, Gélinas, Gélinas et Associés. RÊVE DE REVENIR «Je laisse aller les choses, affirme-t-il, précisant que des gens lui écrivent encore pour lui dire qu’il leur manque. Mais je rêve de revenir avec ces gars-là. Ce milieu, c’est la jungle, mais je sais qu’avec les frères Gélinas, on ferait mal!» |