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Construction - La vie rêvée d'Hélène Bourgeois-Leclerc
© Hugo-Sébastien Aubert - Le Journal de Montréal
Hélène Bourgeois-Leclerc

CONSTRUCTION

La vie rêvée d'Hélène Bourgeois-Leclerc

Claudia Larochelle
Journal de Montréal
16-03-2008 | 05h00
La maison spacieuse, l’amoureux attentionné, la tondeuse, la piscine, les bébés, alléluia. Difficile de ne pas y rêver quand on est une petite fille de dix… ou de 30 ans.

De retour au théâtre après cinq ans, Hélène Bourgeois-Leclerc porte les chaussures à talons mi-hauts d’une Lucie qui construit sa vie pour que tout entre dans les «conventions», une Lucie qui ressemble à tellement de femmes de sa génération.

Trouver le repos du guerrier et jeter l’ancre enfin après une adolescence et un début de vingtaine d’essais-erreurs font partie des préoccupations de la plupart de ceux et celles qui approchent de la trentaine.

Hélène Bourgeois-Leclerc aussi y a goûté il n’y a vraiment pas longtemps. C’est donc avec un sourire en coin que, jeune trentenaire elle-même, elle aborde la thématique principale de Construction portée sur la scène du Théâtre du Rideau Vert.

«Vient pour tous ce moment où on se met à acquérir des choses, où on veut correspondre au portrait de perfection qu’on nous a montré depuis qu’on est jeune et construire selon des modèles», exprime Hélène Bourgeois- Leclerc, qui a craqué pour cette création de Pier-Luc Lasalle dès la première lecture.

«CRISE DE LA TONDEUSE»

L’actrice souligne le côté drôle, grinçant et intelligent de cette pièce du jeune Lasalle, récemment diplômé de l’École nationale de théâtre du Canada et… peut-être lui aussi, en proie à cette «crise de la tondeuse» vécue par ses personnages de Lucie et Philip qui viennent d’acheter leur toute première maison.

Sous le regard de leurs proches,notamment les parents de ce dernier, un couple de la génération des baby-boomers, ils entendent bâtir leur avenir, construire leur vie rêvée, une vie parfaite en tous points, terrassement extérieur et sangria y compris.

Eux comme n’importe qui d’autre ne vivent pas à l’abri des doutes et des questionnements que génère toute «construction».

«Cette pièce atteint un niveau d’absurdité dans les malaises présents. C’est une comédie à travers laquelle on se rend compte que ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle», poursuit-elle.

Cette dimension est présente dans l’intertextualité de la création, dans ces instants sacrés avec lesquels a dû travailler le metteur en scène Daniel Roussel.

Alliant audace et subtilités, il a misé sur le virtuel en faisant appel à la vidéo dans un espace dépouillé.

«C’est différent pour un comédien de jouer dans un pareil univers. Souvent, on a tendance à prendre les meubles et accessoires comme béquille, c’est rassurant en quelque sorte sur une scène. Là, ce n’est pas le cas.» Si celle qu’on a surtout vue au petit comme au grand écran au cours des dernières années cherchait les caméras lors des premières répétitions, elle a vite retrouvé l’exaltation des planches, son premier amour à sa sortie de l’option théâtre du collège Lionel- Groulx en 1999 et un exercice qu’elle considère similaire à un marathon en matière de rigueur et d’intensité.

MADAME PERFECTA

Jusqu’à un certain point, comme son personnage de Lucie, elle exige envers elle-même une forme de perfection. Bien qu’elle s’avoue fatiguée, rien n’y paraît. Hélène Bourgeois-Leclerc a beau multiplier les entrevues, travailler à la post-synchronisation du film Le Grand Départ de Claude Meunier, préparer le retour de son personnage de Josée dans Annie et ses Hommes ou coacher des aspirants comédiens, rien n’y paraît.

La belle au teint de pêche reste calme, sereine, en pleine possession de ses moyens, de ses textes qu’elle étudie chez elle en bonne élève. Bien sûr, tout sera parfait, tout sera réussi. Il n’y a peut-être qu’elle seule qui en doute parfois.

  • Construction, de Pier-Luc Lasalle, mise en scène de Daniel Roussel, avec Hélène Bourgeois-Leclerc, Vincent-Guillaume Otis, Danièle Panneton, Roger LaRue, Caroline Bouchard, Jean-Moïse Martin.
    Au Théâtre du Rideau Vert, du 25 mars au 19 avril.
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