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Guy Cogeval - Un retour aux sources inespéré
© Photo Journal de Montréal
Après le Musée des beaux-arts de Montréal, Guy Cogeval s’apprête à présider le musée d’Orsay, la plus grande collection d’impressionnistes dans le monde.

GUY COGEVAL

Un retour aux sources inespéré

Mair-Joëlle Parent
10-02-2008 | 10h36

PARIS | Comme promotion, il ne pouvait rêver mieux. Après plus de huit ans à la tête du Musée des beaux-arts de Montréal, Guy Cogeval vient d'être nommé président du musée d'Orsay par nul autre que Nicolas Sarkozy. Il nous parle des grands défis qui l'attendent.

Il a encore du mal à y croire. "Vous avez la tête qui explose, vous ne savez plus quoi faire, je ne pensais pas que ça se passerait si vite", confie Guy Cogeval, 52 ans.

Il flotte encore sur le nuage de cette nomination prestigieuse du 28 janvier. Pendant deux jours, son téléphone n'a pas arrêté de sonner.

On rencontre l'heureux "choisi" à la terrasse d'un café de Beaubourg, à deux pas de chez lui. Lunettes design, foulard mauve autour du cou, il a tout du Parisien branché!

Des manifestants défilent devant le Centre Pompidou dans le boucan le plus total. Aucun doute, on est à Paris.

Guy Cogeval s'informe du temps qu'il fait au Québec, tout en commandant un espresso. Malgré le contraste total avec la chaleur printanière de Paris ces jours-ci, il avoue s'ennuyer de Montréal, où il a passé neuf ans. (Guy Cogeval est né à Paris de parents italien et français).

"À Montréal, ce furent les plus belles années de ma vie. J'y ai rencontré des gens extraordinaires. Le musée m'a donné la possibilité de monter des rêves", dit-il.

Passage remarqué

Durant son passage au MBA, le nombre d'oeuvres est en effet passé de 37 000 objets à 47 000, en partie des dons privés.

C'est à lui qu'on doit les expositions Hitchcock et l'art (sa préférée), Il était une fois Walt Disney, Picasso érotique et Catherine de Russie. Souvenez-vous de ce fameux carrosse tout en dorures et volutes...

Mais après toutes ces années, il a voulu changer d'air. Il n'avait pas envie de faire un quatrième mandat. "Je suis resté plus longtemps que n'importe qui ne l'aurait imaginé", dit-il.

L'appel de Paris arrivait donc à pic. Cogeval a ironiquement fait ses classes comme apprenti conservateur au musée d'Orsay en 1985. Époque où naissait ce musée spécialisé en art du XIXe siècle (1848 à 1914). C'est donc un retour aux sources.

Il est conscient que sa nomination ne fait pas que des heureux. "C'est normal, on ne peut plaire à tout le monde", concède-t-il.

Le processus de sa nomination s'est fait dans le plus grand secret, malgré quelques spéculations dans les journaux.

Oublié

" Je n'ai pas bougé de chez moi pendant deux mois ! On m'a un peu oublié dans Paris, le bruit courait même que j'étais malade. Je ne voyais plus que quatre amis pour que le bruit ne s'évente pas ", raconte-t-il.

En attendant d'entrer en poste le 7 mars (pour un mandat de trois ans), il profite de ses derniers jours d'homme libre, mais déjà son portable ne dérougit pas...

Top des musées parisiens de Guy Cogeval : - Le musée d'Orsay, spécialisé

en art du XIXe siècle. - Le Centre Pompidou. - Le Louvre (souvent il n'y va que pour voir un tableau 5 minutes).

Grosse demande à gérer

Guy Cogeval n'oubliera pas Montréal. Il promet déjà une collaboration entre le musée d'Orsay et le Musée des beaux-arts.

"Montréal est toujours dans mon coeur", répond-il quand on lui demande si Montréal aura un accès privilégié aux collections impressionnistes d'Orsay. Il affiche un sourire qui parle de luimême.

Guy Cogeval a déjà des idées pour son nouveau musée.

Éclectisme

"J'aimerais faire une exposition sur la naissance du cinéma, une sur Verdi et une autre sur Louis II de Bavière, qui avait un goût un peu kitsch et qui a fait construire des châteaux fabuleux", dit celui qui sera amené à voyager tous les 15 jours pour "magasiner" de nouvelles collections et prévoir celles qui seront prêtées.

"Le défi, ce n'est pas tant le nombre de visiteurs (3,2 millions en 2007), mais de gérer les demandes de prêts du monde entier. Il faut savoir dire non, la collection n'est pas infinie", dit-il.

Il est quand même à la tête de la plus grande collection impressionniste du monde. On parle de tous les Monet, du Déjeuner sur l'herbe de Manet, des Gauguin, des Vuillard...

Espace

L'autre défisera de trouver un moyen de gagner de l'espace. Les collections sont un peu à l'étroit. Il prévoit déjà rencontrer l'architecte, une dame âgée, qui a tout conçu il y a 20 ans.

La sécurité est aussi en haut de sa liste. L'automne dernier, des jeunes sont entrés par infraction dans le musée. "C'est le cauchemar de tous les directeurs!" dit-il.

Cette semaine, il est allé faire un tour au musée d'Orsay. La première fois depuis l'heureuse annonce. "Je voyais déjà les choses d'une autre façon..." confie-t-il.

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