L.-J. HOUDE AU CENTRE BELLUn numéro sur l'avortement passe la rampePascale Lévesque Le Journal de Montréal 08-02-2008 | 12h02
«Je suis à l'aise sur scène, mais là, comme ça, je n'aime pas beaucoup en parler», dit d'emblée l'humoriste en entrevue avec Le Journal de Montréal au lendemain de sa première montréalaise. «Je n'ai pas vraiment choisi de parler de ça... Pour dédramatiser tout ce qui m'arrive, j'ai le réflexe d'écrire», poursuit-il. C'est que ce que décrit Louis-José en spectacle s'est réellement produit: à l'époque, après mûre réflexion, lui et son ex-amoureuse avaient conclu que l'interruption de grossesse était la meilleure solution. C'est le mauvais sort qui semblait s'acharner sur lui cette journée- là qui l'a convaincu d'en faire un numéro. Ajoutées à cela les statistiques québécoises en la matière, c'était presque fait. Accord «J'ai demandé la permission à la personne concernée avant d'aller plus loin. Et si je n'avais pas eu son accord, jamais le numéro n'aurait eu lieu. Je lui ai lu le texte il y a quelques mois et elle l'a approuvé», assure-t-il. Cette dernière n'était par contre pas dans la salle avant-hier soir. «La première version du numéro était beaucoup plus hard et François Avard, qui travaille avec moi, n'était pas certain de l'angle. Il m'a aidé et on a enlevé beaucoup d'opinion, tout ce qui était mon point de vue sur la chose pour éviter de tomber dans le moralisateur. Ce n'est pas un sujet léger, mais on souhaitait le traiter avec humour. Les gens sont venus pour passer une bonne soirée!» lance-t-il avant d'ajouter qu'au final, il aime comment ça sonne. «Méticuleux» Mais comment l'écrire pour que le public saisisse l'intention exacte de Louis-José sans fausse interprétation? «On a été très méticuleux. Chaque ligne, chaque mot devient un choix important. On dirait que ça n'en prend pas gros pour que les gens fassent des associations d'idées», explique-t-il. Public sensible Pour éviter les jeux de mots involontaires, Louis-José a évité d'utiliser certains mots, comme «venir». Le numéro a été, selon son propre aveu, le plus facile à écrire, mais le plus long à peaufiner. «Les gens deviennent très sensibles», précise-t-il, tout en indiquant qu'il savait son public prêt à recevoir ce genre de texte. Y a-t-il encore des sujets tabous en humour? «Je ne pense pas», répond-il, avouant que s'il n'avait pas vécu lui-même des moments pénibles dans une petite salle d'attente de clinique, sans doute qu'il n'en aurait pas parlé. «Ça aurait été beaucoup plus délicat. S'il se fait soixante-quinze avortements par jour au Québec, c'est que ça touche beaucoup de gens. Ne serait-ce qu'en en parlant avec des amis, on s'en aperçoit. «Et le but d'un show, c'est de rejoindre les gens dans leur vécu, c'est pour ça que je l'ai fait», conclut-il. |