FONDS CANADIEN DE TÉLÉVISIONL'UDA dépose son mémoirePascale Lévesque Le Journal de Montréal 05-02-2008 | 12h28
Alors qu'une quarantaine de mémoires seront déposés cette semaine lors des audiences du CRTC, qui se déroulent à Ottawa, sur ce que devrait être le Fonds canadien de télévision (FCT), acteurs et auteurs de tout le pays sont venus défendre une structure qui sert à leur avis très bien les intérêts des artisans, de l'industrie et du public. «Depuis 1995, il (le FCT) a appuyé la création de plus de 25 000 heures d'émissions canadiennes, accordant plus de 2,5 milliards à cette industrie, permettant de déclencher la production d'émissions d'une valeur supérieure à 8 milliards de dollars», stipulait un communiqué envoyé hier conjointement par la SARTEQ et l'UDA, qui voient l'organisme comme un outil de financement essentiel. Acteurs présents Avant de déposer aujourd'hui leur mémoire conjoint au CRTC sur l'avenir du FCT, les deux organismes, tout comme leurs homologues du côté anglophone, ont voulu sensibiliser les élus sur leurs points de vue et «leur montrer concrètement ce qu'étaient les succès liés au FCT», comme l'indique Raymond Legault, président de l'UDA. Les acteurs-vedettes de la populaire série Trailer Park Boys et les comédiens Sylvie Léonard et Raymond Bouchard ont donc participé à un cocktail organisé en soirée au parlement fédéral par le FCT. Des extraits de François en série, de Les Hauts et les Bas de Sophie Paquin et de The Little Mosque on the Prairie leur ont même été montrés. Efficace «Il y a peut-être place à amélioration, mais le FCT se montre très efficace pour notre industrie depuis 1995 en permettant une diversité de productions, mais aussi en permettant aux artisans d'ici d'écrire des histoires pour le public d'ici», constate Marc Grégoire, de la SARTEQ. Si la structure du FCT se modifie en épousant les recommandations du mémoire Arpin suivant la grande remise en question de l'organisme par Shaw Communications et Quebecor il y a quelques mois, M. Grégoire et M. Legault craignent que les objectifs commerciaux ne soient favorisés au détriment des objectifs culturels dans le financement télé. «L'arrêt de diffusion de Vice caché, faute de rentabilité, est un signal d'alarme sur ce qui pourrait arriver si le fonds était scindé et mené en partie par un intérêt privé», plaide M. Grégoire. «Il faudrait aussi distinguer le Québec du reste du Canada anglophone. La production francophone est extrêmement dynamique, on a l'avantage de la barrière de la langue face aux Américains. «Toute cette industrie en est arrivée à l'adolescence grâce à ce que le FCT a pu stimuler et elle est aujourd'hui prête à passer à une autre étape qui permettrait de générer d'autres revenus. Du genre se vendre partout dans le monde...» plaide en conclusion Raymond Legault. |