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LA FOLLE ODYSSÉE...

Un voyage dans le temps à voir pour les jeux de mots

Claudia Larochelle
Le Journal de Montréal
01-02-2008 | 12h28
Ce sont cinq coquins garçons qui prennent d'assaut la scène du Gesù dans La Folle Odyssée de Jacques Cartier, un amalgame d'histoire, de musique et de comédie empreint de deux niveaux d'humour, un génial, l'autre moins. L'idée de départ, quant à elle, risque de faire long feu...

Qu'on aime ou pas les blagues polissonnes, celles qui rappellent Les Tannants ou les conversations de petits gars de cour d'école, il s'avère difficile de ne pas savourer, en contrepartie, les associations de mots et d'idées, ainsi que les références à l'actualité que font Richard Turcotte, Jeff Boudreault, Francis Vachon, Marc- François Blondin et Pierre-Alexandre Fortin dans ce spectacle découvert par Véronique Cloutier. Autrement dit, il y en a pour tous les goûts dans ce que propose ce quintette qui a commencé à séduire les foules il y a quatre ans au Fourquet Fourchette, un resto-théâtre de Chambly.

Entre deux mondes

C'est plutôt bien rodée et sans aucune hésitation que cette bande de joyeux trentenaires nous transporte dans le temps, lors du deuxième voyage de Jacques Cartier en Nouvelle-France, alors que ce der nier et son sbire Poullet font la rencontre des Amérindiens. Parmi ceuxci, il y a un Donnacona en burnout qui rêve de prendre des vacances, son fils Ti-Poil en crise d'adolescence et le sorcier du village. Avec leurs différences culturelles, le désir de Cartier de trouver de l'or à rapporter au roi de France et cette adaptation, ils ne s'en sortent pas sans heurts.

En adaptant ces événements historiques à notre réalité contemporaine, en y ajoutant anachronismes et tranches d'humour à double sens, les auteurs et cette distribution montrent un génie qui ne laissera personne totalement sur sa faim. D'autant plus que le rythme ne s'essouffle pas et que les dialogues s'enchaînent avec fougue, agrémentés d'une gymnastique corporelle qu'a renforcée et adaptée à chaque personnage le metteur en scène Jean-Guy Legault.

Au plaisir des sens

Le concept séduit l'oeil par sa simplicité et son dépouillement scénographique. À l'oreille, certaines expressions sont de pures merveilles. C'est avec un plaisir fou qu'on apprend que RDI signifie Réseau des Iroquois, qu'un examen gynécologique devient gyné-squaw-logique, que la génération des tipi-boomers côtoie celle des "B", que deux castors veulent vendre le feu haute vitesse et que le fils de Donnacona aime les croustilles... Yum Yum... On en veut plus, plus, plus, quitte à couper dans les numéros de danse et de musique, qui ne volent pas aussi haut.

  • La Folle Odyssée de Jacques Cartier, d'Éric Fortin et Jeff Boudreault, mise en scène de Jean-Guy Legault. Avec Richard Turcotte, Pier re-Alexandre Fortin, Jeff Boudreault, Marc-François Blondin, et Francis Vachon. Au Gesù le 31 janvier, du 5 au 8 et du 22 au 24 février.

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