ANTHONY KAVANAGHRetour aux sourcespar Maxime Demers Journal de Montréal 03-02-2008 | 05h00
On a joint au téléphone l’humoriste québécois de 38 ans (un peu grippé) en banlieue de Strasbourg, en Alsace, où il se produit le soir même dans le cadre d’une tournée de rodage qui l’a mené dans plusieurs villes en France, en Belgique, en Suisse et même en Tunisie. C’est donc un spectacle rodé, qu’il a pris le temps de tester et de peaufiner pendant des mois sur la route, que Kavanagh présentera à compter de mardi soir, sur la scène du Bataclan (1000 places). Ce qui n’était pas le cas il y a deux ans avec son spectacle précédent, Les Démons de l’Arkange, un «oneman- show musical» qui avait été présenté directement à Paris, sur la scène du Grand Rex. «Dans le cas des Démons, le spectacle était beaucoup trop énorme techniquement pour qu’on puisse le présenter dans des petites salles en région», explique Anthony Kavanagh. «J’ai toujours dit à l’époque que le spectacle ne serait jamais prêt à temps pour les dates fixées au Grand Rex, mais le producteur disait qu’on ne pouvait pas décaler. Mais on a vu avec ce qui s’est passé par la suite que ce producteur était en fait un grand manipulateur – l’humoriste l’a par la suite remercié après l’avoir accusé de l’avoir berné…»
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas l’expérience des Démons de l’Arkange qui a incité l’humoriste à revenir à ses premières amours, le stand-up comic. «Ça me tentait, c’est tout, lance-t-il. J’ai fait du stand-up pendant 14 ans, du début de ma carrière jusqu’à il y a cinq ans où j’ai décidé d’essayer autre chose. Ça m’a amené vers la comédie musicale (Chicago), l’animation (les galas NRJ), la télé, le cinéma (il vient de tourner dans son premier film au grand écran, Agathe Cléry, d’Étienne Chatilliez, dans lequel il donne la réplique à Valérie Lemercier). «Et là, j’avais envie d’y revenir. Le stand-up, c’est quand même le noyau de mon métier.» Ce qu’il apprécie le plus dans ce retour aux sources: la liberté. «Je fais ce que je veux quand je veux, lance-t-il. Je peux m’arrêter pour m’amuser avec la réaction de la foule si je veux. Je peux provoquer le public, le taquiner. Et le spectacle commence quand je veux et se termine quand je veux. «Quand on travaille sur des grosses productions techniques comme Les Démons, tout est calculé et il y a moins de temps pour la spontanéité. Alors que l’humour stand-up, tout est dans l’instant présent. La joke, on le sait tout de suite si elle est drôle. La chanson, il faut attendre la fin pour savoir si les gens l’ont aimée.»
BIENTÔT À LA MAISONComme son titre le suggère (Anthonykavanagh.com), le nouveau spectacle d’Anthony Kavanagh parle de technologie. Je parle dans le spectacle de tout ce qui est arrivé au niveau technologique dans notre société depuis cinq ans», explique l’humoriste. «Je parle aussi de tout ce qui a changé dans ma vie depuis mon dernier one-man-show il y a cinq ans, comme mon envie d’avoir des enfants, mes séries de télé préférées et la longueur de mes cheveux; je me suis coupé les cheveux et tout le monde m’en a parlé.» Anthony Kavanagh ne cache pas qu’il tient mordicus à venir présenter ce nouveau spectacle au Québec. Il travaille d’ailleurs en ce moment avec quelques auteurs québécois (dont Sylvain Larocque) pour adapter le contenu au Québec. «C’est primordial pour moi de revenir à la maison avec ce spectacle, admet-il. Ça se discute en ce moment avec quelques producteurs québécois et des dates devraient se confirmer sous peu. «Mine de rien, ça fait sept ans que je n’ai pas fait un one-man-show au Québec. Sept ans, c’est beaucoup trop long. Je dirais même que ce qui me fait le plus vibrer et qui me stresse le plus avec ce spectacle, c’est l’idée de le présenter au Québec. J’ai vraiment hâte de renouer avec le public québécois, même si je suis conscient que les plus jeunes, les 25 ans et moins, par exemple, ne me connaissent peut-être pas. «Ça va donc être un beau défi pour moi de reconquérir les plus vieux qui me connaissent et de conquérir les plus jeunes.» |