DE NOTRE JOURNALISTE MOBILEFaire danser l'ADNSira Chayer 14-01-2008 | 08h00
Il a depuis développé une technique unique pour chorégraphier une danse. Il se base sur les séquence génétiques de l’ADN. L’ADN contenu dans chacune de nos cellules est composée de 4 molécules: l’adénine, la thymine, la cytosine et la guanine, que l’on résume par les lettres A, T, C et G. Des agencements différents de ces lettres forment les gènes. François-Joseph associe un mouvement à chacune de ces lettres pour que les séquences de son propre code génétique deviennent la chorégraphie. «J’utilise la métaphore biologique de l’ADN pour mettre ça en mouvement. Étant donné que je travaille en évolution et en génétique des populations, il est facile pour moi en laboratoire de séquencer mon ADN ou celui des danseurs. Le code génétique devient le canevas de la chorégraphie», explique François-Joseph Lapointe.Dans son projet de doctorat, François-Joseph en arrive même à l’hypothèse que le chorégraphe n’est plus nécessaire avec cette nouvelle technique chorégraphique. «Ça peut être un peu provoquant pour les gens du milieu. Mais, dans mes recherches, il est possible de remplacer le chorégraphe par n’importe quel processus qui permet de générer de la variabilité, comme les mutations génétiques par exemple», ajoute le biologiste. Le résultat est loin d’être froid et dépourvu d’émotion. Tout est dans l’interprétation des danseurs. «Les danseurs mettent en mouvement ce qu’il y a de plus intime dans leur corps, leur propre génome. Vont-ils danser de la même manière après avoir passé quelques jours au laboratoire, à extraire leur ADN, à voir cet ADN qui flotte dans un tube. D’après moi ils ne danseront plus de la même façon», souligne François-Joseph. Le chercheur, qui refuse toujours de porter le titre de chorégraphe, aura néanmoins fait évoluer l’art de la danse à un niveau presque philosophique.
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