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Saltimbanco au Colisée Pepsi - Fantaisies et prouesses

SALTIMBANCO AU COLISÉE PEPSI

Fantaisies et prouesses

par Reine-May Crescence
04-01-2008 | 09h26
Saltimbanco est un des plus vieux spectacles du Cirque du Soleil. En 14 ans, il a été présenté 4 000 fois dans 75 villes à travers le monde et devant environ 9 millions de spectateurs sous les chapiteaux. Reconfigurée en 2007 pour rejoindre le public des arénas, cette version plus légère a nécessité quelques prouesses techniques comme la surélévation de la scène et un ajustement précis de la sonorisation et de l’éclairage pour permettre à un grand nombre de spectateurs d’apprécier le spectacle sans perdre cette proximité caractéristique au chapiteau.

Saltimbanco est actuellement en tournée dans une quarantaine d’arénas du Canada et des États-Unis. C’était la première représentation du spectacle version aréna hier soir au Colisée Pepsi devant au moins 4000 spectateurs dans une salle qui peut en contenir environ 15 000.

Autre perspective

Les inconditionnels, ceux qui suivent de près l’évolution du Cirque du Soleil avaient sans doute des attentes bien précises. Ceux qui, comme nous, assistaient pour la première fois à la représentation n’avaient aucun point de comparaison. C’est donc avec un regard neuf et dénué de préjugés que nous avons tenté de saisir l’essentiel de ce spectacle.

D’abord, le format aréna surprend. Lorsqu’on est assis sous un chapiteau classique, la majorité des spectateurs se trouvent au même niveau et n’ont d’autres choix que de lever les yeux pour apprécier les prouesses aériennes. À part un petit groupe placé sur le parterre, les autres spectateurs (la majorité) installés dans les gradins avaient une vision bien différente. Impossible vraiment dans cette vue descendante d’avoir une belle perspective des figures et d’apprécier la hauteur des éléments.

Coups de coeur

Notre coup de cœur? La prestation hilarante du bouffon Eddie qui nous plonge dans son monde imaginaire avec une réelle habileté. Flanqué d’une casquette rouge et d’une culotte courte retenue par des bretelles qui lui donne un air de gavroche un peu maigre, Eddie imite le bruit des toilettes, des balles et des coups de feu avec sa bouche, nous plongeant tantôt dans une jungle infestée de singes tantôt dans un Far West hostile. On s’y croit vraiment!

Le duo de trapèze était également époustouflant! Des saltimbanques débarquent sur scène portant à bout de bras deux corps parfaitement entrelacés ne formant qu’une seule entité. Les corps sont délicatement posés sur scène puis se séparent. Les filles grimpent sur des cordes et exécutent de magnifiques figures aériennes et acrobatiques en symbiose totale, montrant ainsi la nécessité d’être en harmonie. C’est sans conteste le moment fort du spectacle.

Au final, on peut dire que ce spectacle offre de beaux costumes, des numéros variés et spectaculaires comme celui où l’on voit deux artistes faire tourbillonner des boleadoras, sorte de cordes munies d’un poids à l’extrémité, mais on s’attendait davantage à plus de figures aériennes. Bizarrement, le format aréna ne procure pas cette proximité voulue. Il y a eu aussi deux ratés au niveau de la synchronisation dans un numéro acrobatique en première partie et dans un numéro d’élastique en deuxième partie. Ce qui n’empêche pas d’apprécier la prouesse des artistes. Voilà donc un spectacle coloré entre fantaisies et prouesses qui nous fait déconnecter de la réalité. Saltimbanco tient l’affiche du Colisée Pepsi jusqu’au 8 janvier.

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