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Norman - La prédominance du mouvement
© Yvan Tremblay - Journal de Montréal
Victor Pilon et Michel Lemieux

NORMAN

La prédominance du mouvement

Bruno Lapointe
08-12-2007 | 20h27
Éclectique et pluridisciplinaire, Norman, tel que présenté à la Place des Arts depuis mercredi, promet de rejoindre un public aussi vaste que varié. Voilà le moyen qu’ont trouvé Victor Pilon et Michel Lemieux pour rendre un vibrant hommage au cinéaste d’animation Norman McLaren.

Sur scène, un danseur évolue en plein coeur d’un univers où sa discipline s’allie aux arts du théâtre, de la musique, du cinéma et du multimédia.

Bien que plusieurs pourraient se surprendre de voir un danseur et chorégraphe fouler seul les planches de la Place des Arts dans le cadre d’un spectacle visant à rendre hommage à un homme qui a oeuvré dans le domaine du septième art, les créateurs de Norman affirment que ce choix coulait de source.

«Si Norman McLaren n’avait pas été cinéaste d’animation, il aurait été danseur. Pour lui, dans ses courts métrages, c’était constamment le mouvement qui prédominait. On a pris son désir et on en a fait notre moteur», explique Michel Lemieux.

MULTIDISCIPLINAIRE ET BILINGUE
C’est ainsi que Peter Trosztmer prend la vedette de ce spectacle entièrement bilingue où le français et l’anglais se côtoient, par moments accompagnés de sous-titres. Tout a été mis en place afin de conserver l’esprit de Norman McLaren, lui qui a établi domicile à Montréal et qui parlait couramment les deux langues.

«Les gens vont réellement reconnaître ses esthétiques. Il a beaucoup emprunté au monde du vidéoclip, de la télévision et du cinéma tous ensemble. On tenait à respecter son esprit», explique Michel Lemieux.

Selon Victor Pilon et Michel Lemieux, ce spectacle qui profite des avancements technologiques des dernières années cadre parfaitement avec l’oeuvre de Norman McLaren. Lui-même constamment à l’affût de nouvelles avenues à explorer pour perfectionner son art, il a flirté avec plusieurs procédés qui sont aujourd’hui nos nouvelles technologies. «C’est le précurseur de plusieurs choses que bien des gens ne soupçonnent même pas», dénote Victor Pilon.

En effet, plusieurs estiment que Norman McLaren serait à l’origine de nombreux phénomènes actuels tels que la musique techno. Le cinéaste avait expérimenté en peignant sur la bande de son optique de la pellicule, créant ainsi des rythmes saccadés s’apparentant à la musique techno.

LA FÉBRILITÉ DES ARTS DE LA SCÈNE
Victor Pilon et Michel Lemieux ne cachent pas leur affection pour les arts de la scène. Bien que l’oeuvre de Norman McLaren était empreinte d’une grande dose d’émotion, le spectacle qu’ils proposent à la Place des Arts en promet une surenchère.

«Sur scène, il y a un homme qui s’adresse à des semblables. Son coeur bat avec celui des personnes dans la salle, l’émotion est palpable. Souvent, les gens vivent par procuration, seuls devant leur téléviseur, et le théâtre leur fait connaître une nouvelle dimension de contact», constate Michel Lemieux.

«Il y a une telle beauté dans ces moments éphémères partagés par un homme sur scène et des gens assis dans la salle. La télévision et Internet, c’est bien beau tout ça, mais ça ne remplacera jamais le contact direct», complète Victor Pilon. Selon les deux complices, un hommage posthume était aujourd’hui de mise, deux décennies après le décès du cinéaste. Ils souhaitent ainsi raviver le souvenir de Norman McLaren avant qu’il ne s’estompe.

«Il y a une certaine amnésie culturelle maintenant que les gens carburent à la beauté de la nouveauté. Mais en réalité, si on ne regarde pas vers le passé de temps à autre, on ne peut pas vraiment aller de l’avant. On va finir par répéter des choses qui ont déjà eu lieu et croire que c’est nouveau et original», remarque Michel Lemieux.

Il travaille présentement de concert avec Victor Pilon à un nouveau projet qui alliera passé et modernité. Les deux hommes présenteront en mai prochain une nouvelle version de l’opéra-rock Starmania, mais sans le volet rock. L’oeuvre de Luc Plamondon renaîtra sur scène en 2008, sous forme d’opéra classique.

Norman, un spectacle de Victor Pilon et Michel Lemieux, mettant en vedette Peter Trosztmer. Jusqu’au 19 décembre à la Cinquième Salle de la Place des Arts.

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