STÉPHANE JACQUESLes Contes urbains se dédoublentBruno Lapointe Le Journal de Montréal 01-12-2007 | 13h00
Depuis 1994, Contes urbains, présenté dans sa formule actuelle, fait salle comble à tout coup. Sur scène, sept comédiens se succèdent afin de livrer une lecture de contes de Noël. Pas de costumes, pas de décors, seules une personne et son interprétation. Cet incontournable du temps des fêtes, qui s’impose chaque année depuis maintenant 13 ans, est toutefois bien loin des cantiques et coutumes traditionnels. «Ce n’est surtout pas pour les enfants! lance le comédien Stéphane Jacques dans un éclat de rire. Les contes sont souvent très explicites, avec un langage cru où on parle de sexe et de violence.» UNE TRADITION NOUVEAU GENRE Ceux qui se plaisent à reprocher au temps des fêtes son aspect commercial trouveront donc leur compte dans cette tradition nouveau genre. À l’origine, le spectacle était d’ailleurs une riposte aux rituels de Noël conventionnels. Au fil des années, la formule a évolué afin de devenir une version plus équilibrée pour les fans de cette fête, ainsi que ses détracteurs. «Avec comme point de départ la fête de Noël, on peut aller dans la direction qu’on veut. Une soirée de Contes urbains, c’est une soirée très moderne. Les textes ont été écrits spécialement pour l’occasion et l’action se déroule ici même à Montréal. C’est jeune, urbain et branché», confie Stéphane Jacques. Chaque année, Contes urbains permet Stéphane Jacques de se replonger dans l’esprit des fêtes. Depuis quelques années, il a également une autre raison de sentir Noël approcher. «Avec deux jeunes enfants, Noël reprend son importance», confie-t-il. Pour les spectateurs, Contes urbains est le moyen tout désigné de se laisser envahir par l’esprit des fêtes. Comme ils sont nombreux chaque année, le bouche à oreille fait en sorte que bien avant que la publicité voie le jour, les billets s’envolent déjà. «Plusieurs gens me parlent et me disent que c’est leur party de Noël annuel et ça paraît dans la salle; les gens relaxent, ils sont de bonne humeur», explique Stéphane Jacques. LA POPULARITÉ DU CONTE Bien que le conte soit aujourd’hui associé aux noms de Fred Pellerin et Jocelyn Bérubé, la popularité de cet art oral remonte aux années 1990, alors que Contes urbains a donné ses premières représentations. «À l’époque, Fred Pellerin n’était pas la vedette qu’il est aujourd’hui. Je crois que nous ne pouvons pas dire que l’un est responsable de la popularité de l’autre, bien qu’on s’aide mutuellement», constate Stéphane Jacques. Contes urbains évolue cette année en se dédoublant. Le spectacle présenté à La Licorne aura son équivalent anglophone sur la scène du Centaur Theatre du 6 au 15 décembre. Les mêmes textes seront livrés, mais par des comédiens différents sous le titre Urban Tales. «Dès le départ, on a décidé de faire appel à trois auteurs francophones et trois auteurs anglophones. Les textes ont été traduits afin de créer deux spectacles. J’ai bien hâte de voir comment le public réagira», explique Stéphane Jacques. Contes urbains, avec Stéphane Jacques, Louison Danis, Frédéric Blanchette, Émilie Gilbert, Joël Marin, Sébastien Rajotte et Sonia Vigneault. À La Licorne du 4 au 22 décembre. |