HUMOURL'école a besoin d'argentAgnès Gaudet Le Journal de Montréal 14-11-2007 | 12h24
Louise Richer, «l'indécrottable» directrice de l'École nationale de l'humour, a fait savoir hier que son école, un modèle qui n'existe nulle part ailleurs au monde, a besoin d'argent. Avec un grand gala-bénéfice unique qui aura lieu au Théâtre St-Denis le 1er avril, elle espère pouvoir amasser 100 000 $ qui permettront à son institution de conserver son standard d'enseignement. Dans les années précédentes, la directrice a sollicité les anciens pour des dons, comme le font les grandes universités de ce monde auprès de leurs diplômés. Cette année, la contribution des humoristes est artistique, pour souligner à la fois les 20 ans de l'école. Le gala-bénéfice réunira plusieurs des anciens et futurs diplômés de l'école. Martin Matte, François Morency, Mario Jean et Jean-Michel Anctil animeront la soirée et recevront une «brochette inégalée d'invités», dont Louis-José Houde, Claudine Mercier, Jean- Marc Parent, Jean-François Mercier, Dominic et Martin, Louis Morissette, Jean-François Baril, Alex Perron, Les Denis Drolet, François Massicotte, Mike Ward, Jean-Thomas Jobin, Cathy Gauthier et plusieurs autres. Ça promet. Déjà, devant les médias, les Fab 4 s'obstinaient (pour rire) sur le sens des mots de leur discours. «L'humour, c'est bon pour la santé, mais puisque le ministre Couillard met tout son argent ailleurs, on va faire un gala-bénéfice», a plaisanté Martin Matte. En plus du gala se tiendra pour les 20 ans de l'école un grand colloque en collaboration avec l'Association des professionnels de l'industrie de l'humour, du 25 au 27 février, où seront réunis des spécialistes qui observeront et commenteront la place de l'humour dans notre société. Réel besoin de fonds Selon Louise Richer, l'École nationale de l'humour a besoin de sous pour permettre de garder intact son ratio un prof/un élève, «un incontournable», estime Louis Richer, qui permet aux étudiants de bien identifier leur style. L'école a aussi besoin de fonds pour réunir les étudiants en petits groupes selon leur expérience et pour leur permettre de faire une tournée de 40 représentations sur les routes en fin d'année qui les mène jusqu'à Moncton avec leur propre band. Cette tournée permet aux élèves de se produire devant des publics différents. «On est obligé de couper tout le temps, fait savoir Louise Richer. On a besoin d'équipement pour les nouvelles technologies. Les salaires des profs sont gelés depuis dix ans. On a un réel besoin d'argent.» Les billets pour le gala-bénéfice de l'École nationale de l'humour seront disponibles au coût de 50 $ à 200 $ (quatre prix différents) à compter du 13 novembre aux billetteries de Juste pour rire et du Théâtre St-Denis et dans le Net au hahaha.com ou au www.theatrestdenis.com. Le gala ne sera pas télévisé. L'École nationale de l'humour forme et soutient des créateurs, humoristes et auteurs depuis 1988, dont plusieurs d'entre eux travaillent aujourd'hui au sein de l'industrie de l'humour. Une formation qui a fait la différence«À mon époque, quand l'école était rue Prince- Arthur, ça coûtait 600 $ et la formation durait six mois. Aujourd'hui, ça dure deux ans et ça coûte 12 000 $. Moi, je venais de Québec, je me disais: Si ça marche pas, à ce prix-là et pour six mois, c'est pas grave, je ferai autre chose. Aujourd'hui, ce n'est plus la même histoire, mais la notoriété de l'école est tellement grande, la formation tellement mieux structurée que, même si ce n'est pas un chemin obligé, c'est encore l'endroit idéal pour se lancer.» - François Morency, diplômé de 1992 «L'École nationale de l'humour n'est pas une cause, c'est une industrie qui rapporte beaucoup, crée de l'ouvrage. Côté formation, l'école m'a fait faire des pas de géant. Je ne connaissais rien du milieu artistique, de l'impro. Mon passage ici a été ultra- précieux. Mais c'est sûr que j'aurais réussi pareil! Quelle question!» - Martin Matte, diplômé de 1995 «L'École nationale de l'humour m'a apporté beaucoup. Si je fais ce métier aujourd'hui, c'est beaucoup grâce à elle. Ma participation au gala-bénéfice est un juste retour d'ascenseur.» - Jean-Michel Anctil, diplômé de 1992 «Cette école-là a été mon tremplin. C'est grâce à elle que j'ai réussi à faire ce métier. Pour les jeunes qui veulent vraiment faire ce métier pour les bonnes raisons, pas pour devenir des vedettes et faire de l'argent, l'École nationale de l'humour est un must.» - Mario Jean, diplômé de 1991 |