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L’Iliade à la salle Albert-Rousseau - Au tour de Québec de vivre la guerre de Troie
© Photo Canoë/Marc-André Boivin
Le comédien François Papineau est Achille dans la pièce L'Iliade présentée à Québec le 20 novembre prochain.

L’ILIADE À LA SALLE ALBERT-ROUSSEAU

Au tour de Québec de vivre la guerre de Troie

Marc-André Boivin
06-11-2007 | 19h50
C’est maintenant au tour de Québec de profiter des talents de l’excellent comédien François Papineau. Le temps d’une soirée, il se transformera en Achille pour nous replonger, avec L’Iliade, dans la dixième année de la guerre de Troie, alors que les esprits s’échauffent et que la confiance au sein même des partis s’effrite.

Des armées venues de toute la Grèce assiègent Troie depuis plus de neuf ans. Les envahisseurs subissent cependant les foudres du dieu Apollon qui leur envoie la peste parce que le roi Agamemnon retient Chryséis, la fille d’un prêtre troyen, prisonnière. Achille décide de s’en mêler afin que celle-ci soit rendue à son père et que la propagation de la peste soit stoppée. S’il accepte de rendre Chryséis, Agamemnon se vengera tout de même en prenant Briséis en dédommagement. Cette dernière est une jolie captive d’Achille. Ce dernier y voit alors un affront majeur. Ajoutez à cela la mort de Patrocle, son compagnon, et voilà qu’Achille décide de faire cavalier seul dans cette guerre interminable.

«Cette pièce exprime bien les ressorts mécaniques de la guerre. C’est une mécanique hypersimple qui a fait ses preuves depuis des milliers d’années et qui fait que la pièce va toujours être d’actualité», mentionne François Papineau.

Deux ans de travail

Après deux ans de travail, 24 représentations et deux supplémentaires à Montréal, la pièce L’Iliade sera présentée à la salle Albert-Rousseau le 20 novembre prochain. Mise en scène par nul autre qu’Alexis Martin, qui s’était attaqué à L’Odyssée en 2000, elle met en vedette une douzaine de comédiens, ce qui constitue une grosse production au Québec.

«Il n’y a pas beaucoup de productions de cette envergure ici, peut-être une ou deux», affirme le comédien pour qui le résultat est extraordinaire. «Alexis est parti d’une œuvre qui prend 40 heures à lire pour en faire une pièce de deux heures et demie. Toutes les répliques sont de lui», ajoute-t-il.

Le metteur en scène s’est adjoint un spécialiste de l’œuvre d’Homère en Georges Leroux pour refaire les textes, qui ont été écrits quelque part entre 850 et 750 av. J.-C., sans toutefois changer le contenu. «Il a gardé l’essence du texte, des enjeux et des personnages. C’est une rénovation complète qui respecte totalement l’œuvre d’origine, mais c’est toute la poésie d’Alexis Martin», confie M. Papineau qui estime que ce dernier a une des plus belles plumes au Québec. «J’ai travaillé avec Alexis pour la pièce Bureau qui était complètement capotée. C’est un gars très profond et très spirituel qui ne s’est pas gêné pour monter les moments plus légers dans la pièce», fait savoir le comédien.

Le décor et les projections sont, toujours selon lui, des plus éclatés et tout comme la distribution, ils valent le détour. «La comédienne Marthe Turgeon, en narratrice, est une des belles trouvailles d’Alexis. Elle va créer elle-même des scènes de guerre atroces, ce qui rend le tout encore plus extraordinaire», affirme François Papineau.

Ce dernier, qui n’a déjà pas le temps de chômer, sera fort occupé à compter du mois de janvier. Il tournera notamment un film avec le réalisateur Robert Morin (Le Nèg’, Que Dieu bénisse l’Amérique). Un autre long métrage auquel il doit participer est présentement en attente de financement et c’est sans compter le théâtre auquel il se consacre depuis longtemps.

Toutefois, à savoir si cette dernière forme d’art est en santé au Québec, François Papineau éprouve des difficultés à répondre. «C’est une question difficile. J’ai travaillé à des trucs qui remplissaient toutes les salles. Moi, j’ai la chance de travailler devant des salles bondées, mais j’ai des amis qui ont à des pièces où ça été plus difficile», souligne celui pour qui les réactions du public sont une vraie drogue. «Ça donne vraiment un gros rush d’adrénaline, un rush qui se vit rarement à l’extérieur de notre métier», conclut-il.

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