UN RAPPORT CONCLUANTLa relève fait face à de gros obstaclesDavid Patry Le Journal de Montréal 05-11-2007 | 11h40
Le milieu culturel fait-il suffisamment place à la relève? Tel est le titre du document préparé par le Forum jeunesse de l'île de Montréal. Poser la question, c'est y répondre. Le manque de financement, les difficultés d'intégration de la relève dans le marché professionnel et la non-reconnaissance des nouvelles formes artistiques sont autant d'obstacles à la relève qui ont été scrutés à la loupe. Exclusion «Le financement gouvernemental étant peu adapté aux réalités de la relève, les processus de sélection excluent donc les jeunes artistes plus souvent qu'à leur tour, que ce soit aux conseils des arts, à la SODEC ou aux ministères à vocation culturelle», y indique-t-on. «Le système arrive mal à intégrer l'innovation créatrice de sa relève [...]. C'est un système qui peine à se renouveler et à se réinventer», peut-on lire un peu plus loin. Le document dévoile plusieurs exemples où la relève n'obtient pas sa juste place. En cinéma, les nouvelles manifestations cinématographiques - pensons entre autres à SPASM et à Kino - sont automatiquement exclues de l'enveloppe de la SODEC pour les festivals de films parce qu'elles sortent du cadre traditionnel. Les jeunes danseurs peinent également à trouver des salles où se produire. Et les deux seuls lieux voués à la relève en danse à Montréal, le Studio 303 et Tangente, sont menacés, faute d'argent, de ressources humaines ou de locaux adéquats. Et encore, les arts du cirque ne sont même pas reconnus par le Conseil des arts du Canada ni par le Conseil des arts de Montréal. Si le Cirque du Soleil, avec ses nombreux spectacles permanents autour du globe, ne s'en formalise pas, les troupes de la relève, elles, en paient le prix. 24 recommandations Le rapport présente 24 recommandations visant à redonner à la relève la place qui lui revient et à assurer la pérennité de la vitalité culturelle de Montréal. Côté financement, on propose entre autres d'augmenter le soutient public aux arts en général et de soutenir davantage les lieux de diffusion utilisés par la relève. Quant à l'intégration, en plus de créer des programmes de stages en milieu professionnel pour les artistes, on propose de tenir compte de l'engagement des compagnies artistiques auprès de la relève lors de leur évaluation. Finalement, on demande davantage d'ouverture face aux nouveaux modes d'organisation de la relève et de leurs projets qui sortent des sentiers battus. |