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©Canoë |
André Melançon |
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LA PROMESSE DE L’AUBE
Une histoire d’amour audacieuse
Reine-May Crescence
05-10-2007 | 05h00
La salle Albert-Rousseau démarre sa saison théâtrale le 10 octobre prochain avec
La promesse de l’aube, une pièce touchante mise en scène et adaptée par le cinéaste André Melançon d’après le roman autobiographique de Romain Gary paru en 1960.
La promesse de l’aube raconte l’histoire d’un enfant qui fait promesse d’être à la hauteur de l’amour de sa mère. Une mère qui a bravé les épreuves pour que son enfant puisse devenir un homme libre et qui l’aime d’un amour infini tout en étant parfois excessive. Une femme colorée et souvent envahissante, mais tellement courageuse et audacieuse. Un personnage-clé de l’histoire, interprétée par Andrée Lachapelle, la femme du metteur en scène.
Le cinéaste André Melançon qui travaille pour la première fois avec sa femme au théâtre avoue qu’il n’aurait pu trouver meilleure actrice pour camper ce personnage ambigu. Un rôle casse-gueule qui n’est pas accessible à n’importe qui. «Elle a mis trois mois avant d’accepter parce que c’est un rôle difficile et excessif. Andrée a trouvé la façon de construire le personnage de Nina en lui insufflant une dose de rêve sans lui ôter son authenticité», raconte t-il.
Fidèle au roman
La pièce qui tourne depuis deux semaines a déjà reçu un accueil très chaleureux de la part du public, notamment à Sherbrooke où 1200 personnes sont venus, à la grande surprise du metteur en scène. «L’œuvre a été écrite au départ pour une petite salle de 300 personnes. Je m’inquiétais un peu du résultat dans une grande salle et finalement tout s’est bien passé», nous confie André Melançon qui attribue son succès à cette histoire d’amour hors du commun qui rejoint un peu le cœur de chaque spectateur.
Sa priorité dès le départ était de respecter l’écriture de Romain Gary, cette si belle écriture. Par contre, il s’est permis de ne pas suivre l’ordre chronologique du roman pour simplifier le récit et l’adapter au théâtre. «Je voulais que les gens se posent la question du devenir de ce garçon. Lorsqu’on parcourt un livre, on peut revenir à une page précédente mais pas au théâtre. Je voulais que le récit soit simple tout en conservant cette tendresse et cet humour», explique André Melançon plutôt fier de son premier essai théâtral.
Prochaine adaptation avec Camus
Même si l’accouchement de cette pièce fut «long» (il a fait au moins cinq moutures avant cette proposition finale!), il se sent comme un artisan qui aurait conçu une belle chaise, un beau bijou. André Melançon travaille déjà sur une autre mise en scène qui lui tient à cœur et tiré d’un roman peu connu d’Albert Camus intitulé Les justes. Un livre qui relate l’histoire vraie d’un groupe de terroristes, appartenant au parti socialiste révolutionnaire, qui organise un attentat à la bombe à Moscou, en février 1905, contre le grand-duc Serge, oncle du tsar. En apercevant des enfants auprès du grand-duc, ils se rétractent et tentent de comprendre s'il est juste d'abolir le despotisme en leur ôtant la vie. Un sujet très actuel sur lequel le metteur en scène planche depuis au moins 4 ans. «Camus est mon premier coup de cœur en littérature. Lorsque j’ai lu L’Étranger, je l’ai reçu en pleine gueule», avoue André Melançon qui trouve plus facile d’aborder le théâtre que le cinéma.
La promesse de l’aube, le 10 octobre, à 20h, à la Salle Albert-Rousseau.