MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBECDe la belle époque à la mondialisationReine-May Crescence 03-10-2007 | 22h07
La belle époque Les concepteurs de l’exposition ont très bien retraduit l’ambiance de cette époque de contrastes. L’architecture des lieux et la disposition des œuvres plongent immédiatement le visiteur dans le contexte. On s’attarde plusieurs minutes devant cette œuvre magistrale de Georges Jules Victor Clairin réalisée en 1876 qui montre Sarah Bernhardt posant de manière nonchalante. «C’est de loin, l’une de ses plus belles réalisations de cette grande actrice et sans doute une de nos plus précieuses pièces», avoue Gilles Chazal, directeur du Petit Palais. «C’est un tableau très audacieux pour l’époque. Outre le fait qu’on voit Sarah Bernhardt poser de manière lascive, c’est une œuvre en avance sur son temps au regard des lignes, de l’irisation des tons et de l’esprit esthétique qui s’en dégage». En flânant dans le Paris mondain, on peut aussi découvrir quelques pièces rares des plus grands joailliers de la place Vendôme et de la rue de la Paix, comme ce peigne «Assyrienne» conçu par Eugène-Samuel Grasset incrusté de saphirs en cabochons. Le Musée des beaux-arts de Hamilton (MBAH) expose également quelques pièces maîtresses de la collection d’art moderne de Maurice cullen, Emily Carr, Tom Thomson, Paul-Émile Borduas ou encore Alex Colville. 87 œuvres permettent de voir l’évolution des différents mouvements artistiques qui ont façonné l’art moderne canadien. L’exposition raconte aussi l’histoire de l’artiste montréalais Thomas Reid MacDonald (1908-1978), premier directeur et conservateur à temps plein du MNAH qui a contribué à réunir la superbe collection du musée. La mondialisation Après un plongeon dans le passé et l’histoire, l’artiste Isabelle Hayeur propose un voyage très contemporain à travers des œuvres photographiques d’une grande minutie. L’artiste montréalaise a réalisé des images numériques de grand format, souvent juxtaposées, qui évoquent le phénomène du développement des banlieues et de ses conséquences sur l’environnement. Les images, qui paraissent simples à première vue, ont nécessité un travail colossal de traitements infographiques. «Elle force à un ajustement constant du regard afin de percevoir tour à tour le paysage dans son ensemble alors qu’on se laisse prendre par l’illusion et le fragment lorsqu’on comprend que l’image est composée de documents photographiques hétérogènes», indique Serge Bérard, commissaire de l’exposition. Très critique sur l’avenir de la planète, Isabelle Hayeur délivre un message majeur à travers cette création. «Je montre comment on peut transformer le monde avec tous ces projets d’aménagements parfois monstrueux qui défigurent les paysages. Je cherche à comprendre comment nos sociétés actuelles investissent et façonnent leurs environnements à l’ère de la mondialisation», explique l’artiste. Cette exposition est visible jusqu’au 6 janvier 2008. |