LE JOURNAL À SAINT-TITEDeux banchés chez les cow-boysAndrée-Anne Laberge et Philippe-André Piette 09-09-2007 | 07h03
Par Andrée-Anne Laberge Ça y est, après des jours d'attente et d'énervement, Philippe et moi sommes enfin arrivés au pays du soleil couchant! Hiiii haaa! C'est donc chapeau sur la tête, bottes aux pieds et les yeux aussi ronds que des 25 sous que nous sommes débarqués à Saint-Tite dès le premier jour du festival. Et comme le dit si bien la chanson: I'ma long long way from home. Oh oui je suis loin de la maison! Je suis présentement dans une ville où on retrouve tellement de cowboys au mètre carré, qu'il est absolument impossible de se trouver une chambre d'hôtel libre à des milles à la ronde quand on arrive à la dernière minute. Résultat? Je me retrouve à dormir dans un cabanon humide où j'ai le choix entre prendre ma douche à l'eau froide ou glaciale le matin. Un vrai voyage d'immersion à la dure, comme au temps des Dalton. À Saint-Tite, effectivement, il y en a du monde, de la peau de vache et de la botte de foin. Ici, c'est la folie du Far West pendant 10 jours, soit près de 400 000 personnes qui envahissent tout à coup ce petit village qui en contient habituellement 4 000. Avec autant de visiteurs et cette année 40 ans d'efforts, le Festival western de Saint-Tite a réussi à se hisser au sommet, en devenant le plus gros rassemblement country en Amérique du Nord! Tout un exploit pour un petit village de la Mauricie. Le Texas et l'Ouest canadien peuvent bien aller se rhabiller, les cow-boys, c'est à Saint-Tite qu'on les retrouve, pas ailleurs. Pour accueillir ses nombreux visiteurs, le village de Saint-Tite mise gros et s'en donne plus qu'à coeur joie. Et là attention, on ne parle pas d'une ruelle bloquée par un cône et de 4 kiosques de lancer du fer. On parle plutôt d'un village en entier qui s'y met et qui vibre au rythme du country. Partout, des rues animées, des chevaux qui trottent, des saloons, des rodéos, des spectacles, des kiosques de jeux et des champs de roulottes à perte de vue. Saint-Tite, c'est un peu comme le Las Vegas de l'univers western. Un univers que Philippe et moi avons d'ailleurs commencé à explorer en force dès notre arrivée. Au menu: bières en compagnie de cow-boys à la retraite, concours de tir de chevaux et cours de danse en ligne où nous traînions vraiment trop de la patte. Il faut l'avouer, le country, c'est du sérieux. Nous avons sans doute beaucoup à apprendre avant de devenir les nouveaux Billy the Kid, mais pour ça, nous avons encore toute la semaine. On parle d'un village en entier qui s'y met et qui vibre au rythme du country. Il faut l'avouer, le country, c'est du sérieux. * * * Loin du boul. Saint-Laurent
Sur l'autoroute, coincés au beau milieu d'un cortège sans fin de winnebagos, Andrée-Anne et moi commencions à saisir l'ampleur de notre ignorance. Ils auraient pu nous envoyer à Tombouctou, ç'aurait été pareil. En terme de dépaysement et de choc culturel, je parle, parce qu'au moins, on n'a pas besoin de vaccin pour aller au Festival western de Saint-Tite. Il y a même une résidence qui a créé toute une scène western mécanisée qui rappelle étrangement la vitrine de Noël chez Ogilvy. Du western, nous connaissons Johnny Cash et peut-être avonsnous vu un vieux film de Clint Eastwood, mais même pas au complet. On part de loin. Et pourtant, le festival western, c'est un des plus gros événements au Québec, avec 400 000 visiteurs au cours de la semaine. Dans les rues de Saint-Tite, tous nos référents culturels avaient pris le bord. Pas de coupes de cheveux asymétriques dernier cri, pas de vêtements griffés, juste des chapeaux de cow-boy et des chemises à carreaux. On est vraiment loin du boulevard Saint-Laurent. Il y a quelque chose de profondément troublant, pour deux citadins endurcis, à devoir descendre dans la rue pour contourner un cheval, sur le trottoir. En même temps, l'esprit de fête est tellement répandu et contagieux, à Saint-Tite, qu'on n'a pratiquement pas le choix de vouloir s'intégrer à ce monde. Toutes les maisons du village sont décorées pour l'occasion. Il y a même un résidant qui a créé toute une scène western mécanisée sur son terrain qui rappelle étrangement la vitrine de Noël du magasin Ogilvy. Et puis l'équivalent de la ville de Québec au grand complet ne se déplacerait pas dans un coin perdu de la Mauricie si ça n'en valait pas la peine. Peut-être qu'après dix jours consécutifs à assister à des rodéos, à faire de la danse en ligne, à se balader à cheval, à pratiquer le lancer du lasso et à assister à des spectacles de musique, nous allons nous aussi être complètement conquis et revenir à Montréal avec nos bottes de cowboy et nos chapeaux de paille. Je dois avouer que le premier événement auquel nous nous sommes rendus, le concours de tir de cheval, n'a pas réussi à nous convaincre entièrement. Après avoir vu des chevaux tirer des blocs de béton pendant 20 minutes, on commence à comprendre le topo. Les gradins à moitié remplis nous indiquaient toutefois qu'il ne s'agit sans doute pas de l'activité préférée du cow-boy. Fiou! J'aurais eu peur d'être carrément dépourvu du gène western. |