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Musée national des beaux-arts - La joie de vivre de Picasso
© Photo Canoë/Reine-May Crescence
Paul Bourassa, commissaire de l’exposition

MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS

La joie de vivre de Picasso

Reine-May Crescence
05-09-2007 | 17h31
Le Musée national des beaux-arts de Québec accueille jusqu’au 6 janvier 2008 une exposition inédite de Pablo Picasso intitulée «La joie de vivre». Elle regroupe 24 peintures et 26 dessins réalisés par l’artiste peintre, lors de son passage au Château d’Antibes au lendemain de la deuxième Guerre mondiale, ainsi que 5 céramiques conçus à Vallauris à la même période.

C’est un grand privilège pour le musée d’accueillir cette collection prestigieuse qui devait être exclusivement présentée dans son lieu d’origine. Mais, le hasard fait bien les choses. «Le musée d’Antibes est actuellement en rénovation. Nous avons développé au fil des ans des liens d’amitié qui nous permettent aujourd’hui de présenter cette exposition exclusive en Amérique du Nord après l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne » déclare le directeur général du musée John R. Porter.

Une période productive

En plus des 55 œuvres, une vingtaine de photographies d’époque signées par le photographe et sculpteur Michel Sima, qui a servi d’intermédiaire entre Picasso et le conservateur du Château d’Antibes, témoignent du travail colossal accompli par Picasso, le montrant à différentes étapes de son travail artistique.

Pablo Picasso était établi à Golfe-Juan lorsqu’il a été sollicité par Romuald Dor de la Souchère, le conservateur en chef de l’époque, pour faire don de quelques dessins ou tableaux au musée d’Antibes. Il aurait alors répondu: «Vous avez beaucoup de murs au Château Grimaldi… il serait peut-être préférable que j’y peigne quelque chose». L’artiste a installé son atelier au deuxième étage travaillant tous les après-midi et le soir. Picasso ne réalisera au final qu’une seule fresque «Les Clefs d’Antibes», mais il produira une série de dessins et tableaux avec les matériaux de fortune, de vieilles toiles du musée ou des matériaux de construction disponibles sur place, seuls supports de luxe en ces temps de pénurie. En quatre mois, inspiré par sa muse et compagne Françoise Gilot, Picasso se montrera productif en réalisant une centaine d’oeuvres.

Scènes mythologiques

Il ira jusqu’à renouer avec les thèmes mythologiques qui lui sont chers comme cette œuvre magistrale intitulée «Ulysse et les sirènes» réalisée en 1947 sur trois plaques de fibrociment posées à même le sol.

Dans cette ultime toile qui suscite plusieurs interprétations, Picasso traduit à sa manière le mythe d’Ulysse et les sirènes. Ulysse est réduit ici à une face lunaire qui rappelle les plats à tête de faune. Surmonté de cornes, Ulysse évoque lui-même le faune qui est l’emblème de la période antiboise de Picasso. On y aperçoit aussi des masques «qui peuvent être interprétés comme des Dieux qui contemplent la scène» souligne le commissaire de l’exposition, Paul Bourassa.

«La joie de vivre», œuvre centrale de l’exposition a nécessité plus de deux mois de travail. Elle présente un centaure flûtiste et un faune jouant de la diaule qui font danser deux chevreaux et une nymphe. Une visite commentée gratuite avec Jean-Louis Andral, directeur du musée de Picasso d’Antibes, est prévue le 8 septembre à 14 h et une conférence le 26 septembre à 19h30. Des ateliers pour la famille sont également programmés du 1er au 23 septembre pour apprendre à créer des vases, statuettes ou figurines à la façon de Picasso.

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