JOSÉE VERNERLe ministre fantômeDavid Patry Le Journal de Montréal 30-08-2007 | 11h43
Échaudé par l'intransigeance de Bev Oda, le milieu de la culture met beaucoup d'espoir en Josée Verner, qui doit incarner un vent de changement dans les politiques culturelles du gouvernement Harper. Une crainte se pointe tout de même à l'horizon. Et si l'arrivée de la nouvelle ministre ne changeait rien ? Et si Bev Oda n'avait rien à voir dans le fiasco des conservateurs au Patrimoine et que le problème se trouvait encré beaucoup plus profondément? Le vrai ministre du Patrimoine Ce ne sont pas les occasions qui ont manqué à Mme Verner pour s'illustrer dans les derniers jours. Au lancement du FFM, Stephen Harper a toutefois dépêché Michael Fortier, le même homme qui remplaçait Bev Oda dès que l'occasion se présentait. Samedi, Patrimoine Canada a annoncé 2,4 M$ pour la rénovation du Théâtre Denise-Pelletier. Encore une fois, Mme Verner brillait par son absence et c'est Michael Fortier qui l'a remplacée. Ce n'est pas un hasard si le nom de Michael Fortier sortait chaque fois qu'on demandait qui pouvait remplacer Bev Oda à Patrimoine Canada. C'est lui, le vrai ministre du Patrimoine, du moins pour une bonne partie de ceux qui travaillent en culture au Québec. Le pauvre, il a presque dû s'excuser lorsqu'on a finalement appris que c'était Josée Verner qui héritait de ce poste. Les fonctionnaires ont le dos large En fait, depuis deux semaines, le gouvernement conservateur fait tout pour convaincre le milieu culturel qu'il avait raison d'avoir peur. La nouvelle ministre du Patrimoine est restée muette, son équipe repoussant chacune des demandes d'entrevue portant sur la culture. Trop occupée avec ses fonctionnaires, qui lui expliquent les grands dossiers auxquels elle devra faire face, indique-t-on. Mieux vaut couvrir la guerre en Afghanistan si on veut parler avec la ministre du Patrimoine par les temps qui courent. C'est bien là, sauf exception, le seul sujet qu'elle a accepté de commenter depuis sa nomination. Les fonctionnaires ont le dos large. La réalité pourrait ressembler davantage à ceci: Josée Verner pourra parler de culture le jour où Stephen Harper lui en aura donné la permission. Lueur d'espoir? Les médias peuvent bien attendre. L'urgence, c'est de régler les problèmes laissés en suspens par la ministre Oda. Mais les demandes de rencontre des représentants du milieu culturel sont toutes restées lettre morte. Ceux-ci se montrent patients, mais pour combien de temps? Faute de s'y être présentée, Josée Verner a envoyé un représentant de son cabinet au comité de pilotage qui prépare le Rendez-vous Montréal, métropole culturelle de novembre. Lueur d'espoir? Bev Oda n'était jamais allée jusque-là. Qui le gouvernement conservateur avait-il assigné à ce comité dans la dernière année? Vous l'avez deviné: Michael Fortier. |