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MUSÉE JUSTE POUR RIRE

De l'art à la censure, une exposition osée

Jean-François Ducharme
Le Journal de Montréal
08-08-2007 | 10h52
Une sculpture d'une femme nue, ligotée, les yeux bandés. Des photographies fétichistes de femmes avec des épingles qui leur traversent la peau. Des toiles de parties génitales et d'hommes qui s'embrassent. Des biscuits qui «contiennent le VIH». Décidément, l'exposition De l'art à la censure risque de choquer.

«Je ne veux pas provoquer délibérément, affirme Argaive, qui fait des photographies fétichistes depuis environ quatre ans. Quand j'ai une idée et que je pense que ça va être beau, je prends des photos.»

Argaive souligne que la sexualité fait partie de la vie, au même titre que respirer, manger ou boire. «Je ne vois pas pourquoi on garde secret quelque chose que tout le monde fait, dit-il. Les gens qui s'attendent à être choqués ne devraient pas venir. Moi, je veux que les gens aient des réactions, qu'elles soient positives ou négatives.

Master Andre présente quant à lui son impressionnante gamme de fouets. «Les adultes s'en servent habituellement pour des séances de plaisir extrême ou pour se faire peur. Pourtant, certains s'en servent pour faire du sport. Il y a même des records Guinness du plus grand nombre de claquements, soit le nombre de fois que le fouet touche le sol en une minute.»

À l'entrée, une étudiante au doctorat en psychologie de l'Université du Québec à Chicoutimi recrute des sadomasochistes pour participer à une étude sur ce phénomène, peu étudié chez la population francophone. «Ce n'est pas évident de trouver des participants à Chicoutimi», fait remarquer Nadia Gagnon, responsable de l'étude.

Les visiteurs d'hier soir ne semblaient pas choqués par cet amalgame de peintures, de photographies et de sculptures, qui ont pour la plupart déjà été refusées dans d'autres galeries en raison de leur caractère sexuel trop explicite.

«Je suis ouverte à l'art sous toutes ses formes», affirme une femme venue par curiosité.

«Je cherchais quelque chose d'inédit, d'osé et de marginal», mentionne un autre visiteur.

De l'art à la censure veut faire la promotion positive de la sexualité sous ses diverses formes, tout en dissipant les préjugés, la peur et l'ignorance envers les différentes formes d'expression sexuelle. L'exposition est présentée au Musée Juste pour rire de 15 heures à 21 heures. L'entrée est gratuite. Pour les adultes de 18 ans et plus.

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