SPECTACLE DE CLÔTURE DES FÊTES DE LA NOUVELLE-FRANCELeahy prend d’assaut la scène Orléans ExpressGeneviève Riel-Roberge | Canoë 06-08-2007 | 08h59
Claquettes, violons, chants, partitions exécutées au clavier, duo de violonistes, trio, nommez-les, ces sept frères et sœurs (Agnes, Maria, Erin, Doug, Donnell, Angus et Frank Leahy), d’une famille de onze enfants, multi-instrumentistes hors pair, s’y adonnaient avec réel plaisir. Seule Siobheann, à la basse, manquait à l’appel du groupe, remplacée par Shane Hendrickson. Leur style musical, indéfinissable, constitue un joyeux et intemporel mélange des genres, recette infaillible dont le public ne se lasse pas. À preuve la Cour du Séminaire, bondée à pleine capacité. Heureuse union de différents styles Si certains mariages ne durent pas, il en est autrement pour celui de tous les genres de leur répertoire. S’agit-il de country, de musique traditionnelle irlandaise, de pop, de musique celtique? «Le «fiddle» réfère à un style joué au violon. En fait, «fiddle» est l’autre mot désignant cet instrument. Nous mêlons tous les styles de violons dans le monde, le classique, les rythmes irlandais et écossais. Je crois que les gens, en général, s’ils se font demander quel style de musique est leur préféré, ne sont pas cantonnés à un genre musical précis. Plusieurs aiment différents styles, ce qui nous permet de rejoindre un plus large public, composé de gens de tous les âges, grâce au mariage d’une variété d’influences», affirme Donnell, sommité mondialement reconnue dans le maniement de l’archet. Le mot «mariage» semble un terme consacré pour lui, qui a d’ailleurs dédié une pièce à tous les couples célébrant leur anniversaire de mariage en 2007. Répertoire varié Les pièces jouées, à voix ou instrumentales, comportant des claquettes ou non, offraient une effusion de rythmes, de sonorités et de mouvements d’un dynamisme étourdissant. Fallait voir Doug, Angus et Donnell «se répondre» à plusieurs reprises au violon ou encore se joindre aux trois filles dans une claquette à la rapidité des jeux de pied frôlant le surréalisme. Pour un peu, un œil non averti aurait pu confondre la scène avec un film en accéléré. C’était à se demander si l’odeur de brûlé à peine perceptible n’était pas plutôt le fait des cordes de violons trop violemment frottées. Donnell raconte d’ailleurs en entrevue qu’un jour qu’il était en tournée en Irlande, il a cassé, au cours du même spectacle, quatre cordes de trois violons différents, y compris son violon «de secours» ainsi que celui d’un de ses frères. «Toute une malchance!» rigole-t-il. Que les violonistes fassent «pleurer» ou grincer leur instrument, qu’ils en frottent les cordes de leur archet ou qu’ils se contentent de les pincer, la fascination exercée sur les spectateurs était palpable. Les pièces s’enchaînaient, allant de plus rythmées (Wedding Day Jig) à mélancoliques (Borrowed Time, en souvenir de la fille d’Erin, atteinte du cancer à six ans seulement). Sans compter le numéro de claquettes de la fin, incroyable, auquel ont participé tous les artistes dans un blitz final. Les Québécois, public chéri «C’est notre première fois aux Fêtes de la Nouvelle-France et nous sommes très excités» a mentionné Donnell pendant l’entrevue accordée à Canoë avant le spectacle. «Notre endroit de prédilection pour jouer dans le monde, c’est au Québec!» a candidement affirmé celui qui a aussi mentionné le passage du groupe dans Québec même à deux autres reprises, sans compter les autres villes de la province. «Les Québécois ont quelque chose dans leur culture qui fait en sorte qu’ils aiment notre musique, je ne sais pas si c’est l’amour du violon ou autre» renchérit le violoniste. Le groupe connaît aussi beaucoup de succès auprès du public de Gatineau et de Shawville, ville dans laquelle la culture irlandaise était présente dès 1874 avec un important nombre de colons irlandais protestants. Esprit de famille La formation mettant le cap pour Londres le 9 août, il ne lui sera pas possible de profiter des attraits touristiques de la Vieille-Capitale, d’autant plus qu’un nouvel enfant est attendu d’un jour à l’autre dans cette famille «tricotée serrée». « En tournée, on vit dans une maison qui compte trois chambres à coucher et une salle de bains, alors on doit apprendre à vivre les uns avec les autres. Non, on ne parle pas de «job» lors des soupers de famille! Les moments de tension ne durent jamais bien longtemps, on se le fait dire par les autres sinon. De plus, on a tous les mêmes buts et on a grandi ensemble» conclut le violoniste, qui aimerait bien voir le groupe revenir à Québec cet automne ou encore le printemps prochain. Rendez-vous au http://www.leahymusic.com pour plus d’informations. |