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Musée de la Civilisation de Québec - Bryan Perro surfe avec les mots
© Geneviève Riel-Roberge - Canoë
Bryan Perro a bien fait rigoler les spectateurs.

MUSÉE DE LA CIVILISATION DE QUÉBEC

Bryan Perro surfe avec les mots

Geneviève Riel-Roberge
04-08-2007 | 20h20
QUÉBEC - Se présentant dès le départ comme «un gars de la Mauricie», l’auteur Bryan Perro a bien fait rire son public au Musée de la Civilisation avec des histoires issues de sa région natale. Trois contes dans lesquels humour, musique et savoureux anachronismes étaient au rendez-vous.

On a pu reconnaître l’amour de la langue chez cet ex-professeur de théâtre et de littérature. Il a effectivement livré avec un humour décapant, dans son conte Les filles qui ont carriotté, l’origine de ce mot… utilisé, selon la légende, par trois filles ayant clandestinement reçu la visite de leur cavalier respectif. Les paris étaient ouverts! Que signifie au juste ce verbe? «Non, ce n’est pas comme quand on parle de chemises carriottées», a blagué le conteur, père d’Amos Daragon.

Le dénouement du récit a fait se tordre de rire les spectateurs. Les plus âgés surtout, en mesure de saisir la nature du quiproquo: les trois filles du conte se confessant successivement au curé et s’accusant d’avoir «carriotté» (avec leur cavalier!). Une vieille dame de 102 ans a pour sa part demandé à l’une d’elles la signification de ce verbe… puis a employé la même expression, à tort, devant le confesseur, suscitant son exaspération…

Vous avez dit anachronisme?

«Ce sont toutes des histoires qui viennent de la Mauricie, du patrimoine, de la tradition orale du Québec. Moi, je reprends ces histoires-là et les raconte à ma façon en y ajoutant des anachronismes, je réactualise le conte.»

C’est ce qu’on a pu voir dans le conte La parole est d’or, dans lequel les maires respectifs de Saint-Jean-des-Piles et Grande-Pile se livrent une lutte sans merci à savoir qui aura les plus grosses «batteries». Il y est en effet question du diable, qui flaire la haine présente entre les deux hommes en survolant les villages à bord «d’une Chevette Hatchback, quatre portes, radio AM-FM». Quant au Ti-Jean des Piles du troisième conte, la soif de richesses et de pouvoir de son roi lui aura bien profité…

Contes interactifs

Misant sur l’interaction avec le public, l’auteur a présenté ses «origines» d’entrée de jeu, djembé à la main. Descendant d’un grand-père à l’esprit de contradiction, qui lui enjoignait de se «fermer et de ramer» lorsqu’il posait trop de questions lors de leurs traversées en canot, Bryan Perro a rapidement convaincu le public de répondre «rame» à la place du grand-père virtuel.

Même chose dans le conte Ti-Jean de Saint-Jean-des-Piles, dans lequel les gens répondaient «bouille soupe bouille» à la place du roi du conte, convaincu des vertus culinaires d’un simple bâton qu’essayait de lui refiler l’astucieux Ti-Jean pour éviter de rembourser ses dettes.

Sortie prochaine d’un livre

Bryan Perro nourrit aussi un vif intérêt pour les créatures mythologiques du Québec. «Tu vas en librairie, t’as des livres sur les lutins (…), sur les sirènes, mais t’as aucun livre sur les créatures mythologiques du Québec. J’ai fait un recensement et on présente vingt-cinq créatures: le cochon bleu du Saguenay, la Dame aux glaїeuls qui se promène entre Québec et Trois-Pistoles, on a les sirènes du fleuve Saint-Laurent, on a la Tête qui roule entre Québec et Lévis, la tête de Jean Soulard (passeur de bateau entre Québec et Lévis), La Corriveau…», énumère l’auteur, dont le livre sera lancé le 7 novembre à Shawinigan et disponible par la suite dans toutes les bonnes librairies.

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