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© Geneviève Riel-Roberge - Canoë |
Marianne Marceau (à droite), sait donner la réplique! |
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FÊTES DE LA NOUVELLE-FRANCE SAQ
Tartuffe revisité avec humour!
Geneviève Riel-Roberge
03-08-2007 | 21h20
La chaleur n’a pas empêché les six élèves et finissants du Conservatoire de musique et d’art dramatique de Québec de livrer une version fort dynamique du Tartuffe du célèbre auteur français. C’est d’ailleurs une nouvelle distribution qui a fait revivre ce classique. Accompagnés de six musiciens, aussi du Conservatoire, ils ont livré une prestation tout à fait dans la note, c’est le cas de le dire. Accablés par la chaleur? Pas tant que ça, à ce que Canoë a pu constater. « Ce qui est difficile, ce n’est pas quand on est dans l’action, c’est quand on observe, quand on est passif comme personnage parce que là, t’as la bouffée de chaleur qui monte » indique Marianne Marceau, élève de 2e année, qui incarne Hélène, fille de taillandier, qui jouait elle-même Dorine dans la pièce. « C’est quelque chose qui est assez rare de faire (jouer à cette température), c’est pas distrayant, mais ça ajoute un élément d’inconfort » précise Gabriel Fournier, le Jacques Théodore Cosineau de Mareuil et Tartuffe de la comédie.
Le Tartuffe, ou quand des acteurs jouent… des acteurs!
« C’est une troupe de théâtre qui essaie de monter le Tartuffe, mais le Tartuffe est une pièce à problèmes parce qu’elle ridiculise les bigots, qui sont de faux dévots, des faux religieux qui profitent de la religion pour escroquer les autres. Quand la religion, qui est représentée ici par Monseigneur de Saint-Vallier, apprend qu’on monte le Tartuffe, il décide d’essayer de nuire aux représentations pour ne pas que (la pièce) soit produite, pour ne pas qu’elle ait d’influence sur les habitants de la Nouvelle-France (…) La religion, pour garder son pouvoir, ne veut pas que le Tartuffe soit produite et nous met des bâtons dans les roues » résume Marianne, pour qui c’est la première participation aux Fêtes de la Nouvelle-France SAQ dans cette pièce, qui est produite depuis trois ans déjà par le Conservatoire de musique et d’art dramatique de Québec.
Les défis techniques d’une première
« Il y a deux choses : d’abord il faut être assez polyvalent parce qu’il faut passer d’un personnage qui est très léger à un personnage « en vers » qui joue dans une pièce qui est classique et beaucoup plus rigoureuse, et l’autre, c’est de participer à un festival alors de n’avoir eu ni la scène, ni les techniciens ni les micros (…) dans leur contexte avant la première représentation, explique la jeune femme de 23 ans, qui a dû composer avec une pièce sans représentation générale précédant la présentation devant public. « C’est la première fois qu’on la fait avec costume, micro et tout ça ». Son collègue Gabriel abonde dans le même sens. « Ça nous aura servi à nous préparer pour demain et après-demain ». Adapter son niveau de jeu dans un théâtre extérieur est aussi difficile à jauger, selon Marianne. « Faut que t’amplifies toutes les réactions (de ton personnage) pour que ce soit bien compris, même par le public tout au fond ».
Bloopers au théâtre
« On incarne des gens qui répètent une pièce de théâtre et quand on répète une pièce de théâtre, il peut arriver n’importe quoi » de dire Gabriel. Un « blooper », passé presque inaperçu, a effectivement eu lieu lors de cette première, lorsque la robe de Frédérique Bradet, (personnage de Marie-Rose, sœur d’Hélène et la Elmire dans les scènes du Tartuffe) est demeurée coincée sous la patte d’une chaise.
Intégrale de Molière et touches d’humour
« (…) Quand les personnages font du théâtre, c’est l’intégrale de Molière, tout le reste, la mise en contexte, c’est un texte de Fabien Cloutier » précise Gabriel Fournier. L’auteur ne manque assurément pas d’humour ni d’imagination. Les blagues glissées çà et là au sujet des Anglais et des supposées « mœurs » des religieuses de l’époque en témoignent. Une pièce au zest d’humour bien montée, aux blagues rafraîchissantes et d’une délicieuse ironie, qu’il vous sera possible de revoir le samedi 4 août à 14 heures à la scène Orléans Express de la Cour du Séminaire ainsi qu’au même endroit le dimanche, journée de clôture des festivités, à 13 heures.