FESTIVAL D'ÉTÉ DE QUÉBECLa face cachée du Festival d’été de QuébecGeneviève Riel-Roberge | Canoë 12-07-2007 | 18h48
«C’est un travail très social, tu rencontres beaucoup de gens, la scène est un milieu dynamique (…) Y’a pas de redondance, c’est jamais pareil», commente Patrick Martin. Une expression résume bien l’ensemble de la tâche colossale qui l’attend chaque année au Festival: support logistique. «On s’occupe de la sécurité, de la technique et de la construction des structures» dit-il, ajoutant qu’il doit aussi faire approuver, par les autorités visées (Ville de Québec, Commission des champs de bataille nationaux, Commission de la capitale nationale du Québec, Travaux publics et autres) les installations requises par l’événement. Du son et de la lumière… « qui coûtent cher! » Pour la scène Bell seulement, la valeur marchande de l’équipement est évaluée à dix millions de dollars, dont 1,5 million en sonorisation. Ainsi, quatre caméras, (dont deux portables manœuvrées sur scène) et deux autres fixes, quatre « follow spots » et deux consoles de son se retrouvent sur la grande scène. De quoi en perdre… sa technique! Le budget de location de matériel d’éclairage pour le Festival frôle les 200 000 $, contre 150 000 $ pour l’emprunt de matériel de sonorisation. Les organisateurs des différents événements se déroulant à Québec misent également sur un certain échange de matériel. «On a des liens d’affaires (…) Par exemple, le Carnaval de Québec me prête des bases de mâts de drapeau et nous, on leur prête des escaliers d’aluminium», souligne Patrick Martin. Quant aux sonorisateurs, une journée de travail complète leur est parfois nécessaire afin que tout soit prêt. «Il y a un système de son principal sur la grande scène (Bell) et un secondaire, en délai. Le son est ainsi propulsé une première fois jusqu’à mi-terrain pour ensuite être porté jusqu’aux oreilles des festivaliers situés tout au fond. Quant aux deux génératrices à proximité du Parc de la Francophonie, elles produisent l’énergie électrique nécessaire au fonctionnement d’un quartier en entier. De l’équipement en constante évolution «On avait 100 lampes il y a dix ans pour une grosse scène, on en a trente aujourd’hui» souligne Patrick Martin, ajoutant qu’étaient aussi générés à l’époque un million de watts d’éclairage pour un gros espace scénique contre 200 000 aujourd’hui. «C’est parce qu’on utilise de plus en plus les « moving lights » et les « led » (diodes électroluminescentes), précisant que le type d’éclairage dépend évidemment du spectacle. «Pour un spectacle de musique classique, on utilisera beaucoup plus un éclairage fixe qu’un autre en mouvement». Le nombre de scènes témoigne aussi d’une évolution. Des quatre scènes existant il y a une dizaine d’années, ce nombre est passé à près d’une douzaine aujourd’hui, incluant les salles de spectacle intérieures. Au sujet de Denis Parent, réalisateur des scènes télédiffusées sur les deux écrans jouxtant la scène Bell, Patrick Martin a de plus affirmé qu’il exécute le travail de six caméras avec seulement quatre. Des employés fidèles au poste Certains employés sont fidèles au Festival d’été de Québec. C’est le cas de Gary Bibeau, éclairagiste pour l’événement depuis… trente ans, aux dires de Patrick Martin. Il faut évidemment aimer relever les défis pour demeurer dans le métier aussi longtemps. Interrogé à ce propos sur le défi technique auquel il a récemment eu à faire face, Patrick Martin raconte cette fois où, l’an dernier, un fil de fer avait été tendu entre la Porte Saint-Jean et l’Hôtel Palace, pour la fildefériste Catherine Léger. «On avait besoin d’une tension de 12 tonnes, mais on a réussi. Y’avait beaucoup de sécurité aussi pour s’assurer que personne ne touche au câble » conclut-il. |