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Exposition au centre Matéria  - Des matières à voyager
© Reine-May Crescence, Canoë
Melvin Flórez pose à côté de son œuvre «latcho drom», une invitation à un voyage intérieur.

EXPOSITION AU CENTRE MATÉRIA

Des matières à voyager

Reine-May Crescence | Canoë
04-07-2007 | 15h54
QUÉBEC - La galerie Matéria et la Maison des Métiers d’art de Québec présente actuellement une intéressante exposition multidisciplinaire intitulée « Matière à voyager » qui met à l’honneur le travail accompli par dix de ses anciens diplômés tout en soulignant par la même occasion son dixième anniversaire.
Toutes les œuvres exposés invitent le visiteur au voyage, «qu’il soit intérieur, onirique, ludique, narratif ou tout simplement pratique» précise Caroline Baillargeon, directrice générale de la Maison des Métiers d’art. «Elles ont également toutes en commun de présenter la matière comme une réalité sensible qui se place en amont de l’idée. La matière, combinée à l’outil et à la maîtrise technique agissent comme guide privilégié dans le périple qui mène l’artisan à l’aboutissement de sa pensée créatrice».

Des sculptures en acier ou en bois côtoient ainsi des objets en céramique et en tissu. Parmi les œuvres présentées, «latcho drom» (qui signifie ‟bonne route”) du sculpteur Melvin Flórez est une œuvre énigmatique qui force la réflexion. La sculpture d’inspiration organique tout en acier commence dans un entrelacement ordonné pour finir dans une explosion de lignes fluides pointant vers le ciel.

L’œuvre organique de Melvin Flórez

Un travail empreint à la fois de force et de grâce qui semble faire référence au monde aquatique, car la forme rappelle un peu un poisson imaginaire et surréaliste. «Mais chacun peut l’interpréter comme il veut » précise cet artiste en dehors des cadres qui préfère privilégier dans l’art cette interaction avec le public « Je ne rajoute jamais de texte sur mes œuvres. L’art ne doit pas être élitiste et doit s’adresser au cœur de chacun. Le visiteur doit pouvoir palper, sentir et s’approcher de mon oeuvre».

En réalisant cette pièce, Melvin Flórez délivre pourtant un message «c’est un peu mon parcours que je retrace dans ce travail. En quittant mon pays, j’ai dû me réadapter à une nouvelle culture. L’acier ainsi tressé, représente le maillage des cultures et l’explosion finale est un message clair d’ouverture vers l’autre, une invitation à s’enrichir des différences qui nous entourent, à se réapproprier l’essentiel dans ce monde où tout est mécanique et à se rapprocher de la nature qui est ma source première d’inspiration». Artiste autodidacte et talentueux originaire du Costa Rica, Melvin Flórez a d’abord fabriqué des bijoux en parcourant le monde. Après cette vie bohème pas toujours facile mais exaltante, il a posé ses valises au Québec il y a 12 ans et se consacre depuis à la sculpture. Il a participé à plusieurs expositions collectives et festivals au Québec et à l’étranger. L’artiste a reçu en 2003 une mention spéciale pour une exposition collective au Musée de la Civilisation pour son œuvre «Fluidité».
«Matières à voyager», jusqu’au 28 août à galerie Matéria, 395, boulevard Charest Est, du mercredi au dimanche de 12 h à 17h. www.centremateria.com
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