GILLES SAINTE-CROIXSaka, une expérience globaleAgnès Gaudet 16-06-2007 | 14h43
Avec Saka, M. Sainte-Croix nous convie à une expérience globale homme/cheval exceptionnelle. D’abord le contact direct avec la bête, dans l’enclos de l’écurie, où les spectateurs passent pour accéder à leur siège et par où ils quittent le chapiteau après le spectacle. Les chevaux sont là, fiers et superbes dans leurs robes blanches, noires et brunes, le regard tourné vers leurs fans. Gilles Sainte-Croix, un des grands patrons du Cirque du Soleil, est lui-même propriétaire de la plupart des chevaux de la production, dont ceux issus de l’aventure de Cheval Théâtre en 2001. Il se passionne pour ces bêtes depuis toujours, les considère commedes compagnons extraordinaires, ayant la fidélité du chien et l’indépendance du chat. Né en Abitibi sur une ferme, l’homme de 55 ans, a vu son père, cultivateur, utiliser le cheval pour les tâches sur la terre. Il n’a jamais oublié. Aujourd’hui père de quatre enfants d’âge adulte et de huit petits-enfants, Gilles Sainte-Croix attelle sa charrette à ses bêtes préférées. Il adore se promener dans sa région de Lac-Brome. «Tout ce que mes chevaux faisaient dans mes écuries, c’est du fumier», lancet- il en riant. Stéphane Simon, (son gérant d’écurie personnelle et chorégraphe équestre)m’a convaincu qu’il y avait de la place pour un spectacle estival, comme un cirque d’été.» L’aventure de Cheval Théâtre, qui s’est terminée par un échec en pleine crise du 11 septembre 2001 et une faillite de 2 M$, n’a pas entaché la passion deM. Sainte- Croix pour les chevaux. «Si l’homme n’avait pas rencontré le cheval, il aurait disparu, raconte-t-il, déplorant le fait que les gens ne voient plus le cheval que dans les comptoirs de boucherie, attelés dans le Vieux-Port de Montréal ou dans le fond d’un champde campagne. Le cheval a servi de nourriture à l’homme, puis de monture au peuple saka qui a contrôlé son territoire grâce au cheval, poursuit-il. Puis les Mongols et les Chinois l’ont imité et ça c’est rendu jusqu’à nous.» Un show d'été moderne Porté par sa passion, Gilles Sainte-Croix revient avec une formule de spectacle améliorée, accessible, pour toute la famille, un show de vacances d’une heure trente minutes sans entracte qui compte 23 tableaux. Il a opté pour la musique du monde, moderne et punchée sur des bandes préenregistrées qui forcent à présenter des numéros réglés au quart de tour, un show dynamique qui n’a rien de nostalgique.On parle aussi de projections et d’ombres chinoises pour appuyer les présentations, et bien entendu des chevaux vedettes tels Pompon, le gigantesque percheron, et Éclipse, le cheval miniature américain. Des chevaux athlètes Avec les chevaux, on ne fait pas toujours ce qu’on veut. Pour les faire travailler, il faut planifier d’avance, il faut les bichonner, les coiffer et les doucher. Et puis, les chevaux, c’est comme des athlètes. Il faut les entraîner pour qu’ils soient en forme. «Il reste dix jours avant la première, déclare le metteur en scène du spectacle, Fernand Rainville, secondé dans son travail par Stéphane Simon. On manque de temps, avoue-t-il en souriant. Dans tout spectacle, ilmanque toujours deux semaines de répétition.Mais nous allons livrer quelque chose de bien.» À l'école du cirque Les artistes de Saka sont presque tous européens. Gilles Sainte-Croix, enthousiaste, souhaite remédier à la situation et songe à fonder un volet équestre à l’École de cirque. Des rencontres ont eu lieu dans cette optique et le projet devrait voir le jour sous peu. Gilles Sainte-Croix se défend bien de concurrencer le spectacle Cavalia, qui s’est solidement établi lors de la disparition de Cheval Théâtre et qui tourne présentement en Europe. Il compare plutôt l’entreprise aux cirques du Soleil et Éloize qui ne rivalisent en rien et se partagent même parfois les mêmes metteurs en scène.
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