MORT D'UN GALALe rideau est tombé
David Patry Le Journal de Montréal 03-05-2007 | 11h19
Christian Bégin a vendu la mèche hier en conférence téléphonique pour sa nouvelle émission culinaire. Les Éternels Pigistes, dont il fait partie, devaient animer le prochain gala des Masques, mais la troupe s'est fait expliquer par l'Académie québécoise du théâtre (AQT) qu'elle ne pouvait plus se payer leurs services. «Nous avions développé un concept. C'est très décevant», a laissé tombé Christian Bégin. Le comédien Vincent Bilodeau, président de l'AQT, affirme qu'il n'avait pas le choix. «On vivait en riches avec un budget de pauvres», explique-t-il. Le dernier gala des Masques, diffusé en direct à Radio-Canada en décembre, n'a attiré que 234 000 téléspectateurs. Il s'agit du plus maigre auditoire de tous les galas du Québec. «Le gala est une grosse machine. Même si la licence de Radio-Canada paie pour le show, ça monopolise l'énergie d'une vingtaine de personnes pendant 12 mois», dit Vincent Bilodeau. Spéciale de Bons Baisers de France L'Académie du théâtre accumule les déficits, si bien que son président estime «qu'un électrochoc s'imposait». «Faire un spectacle théâtral à la télévision, c'est comme chercher la quadrature du cercle (une mission impossible)», affirme Vincent Bilodeau. Le gala des Masques, dans sa nouvelle formule, aura bien lieu en août au Théâtre Denise-Pelletier. Il ne sera toutefois pas diffusé en direct. France Beaudoin recevra plutôt les gagnants dans une émission spéciale de 90 minutes de Bon Baisers de France diffusée à compter de 20 h 30 le dimanche 26 août. «De cette façon, on pense maximiser la visibilité du théâtre», souligne la porte-parole de Radio-Canada, Guylaine O'Farrell. La Soirée Excellence La Presse/ Radio-Canada, présentée en janvier, avait suivi la même formule et avait rallié 557 000 téléspectateurs. Bouleversements à l'interne L'Académie québécoise du théâtre poursuivra également une restructuration à l'interne. D'ici l'an prochain, l'organisation changera sa façon de déterminer les lauréats de ses Masques. «Le mécanisme actuel coûte un bras et une jambe», affirme Vincent Bilodeau. «On obtient 85 000 $ par année du Conseil des arts et des lettres du Québec et il en coûte de 110 à 120 000 $ pour les déplacements, l'hébergement et les repas de notre jury, constitué de bénévoles, pour aller voir les productions dans tout le Québec», note-t-il. Vincent Bilodeau entend aussi poursuivre les coupes de postes entamées dans les dernières années. À terme, l'organisation ne devrait ne plus avoir d'employés permanents. «On fera plutôt appel à des pigistes au gré de nos besoins. Les gens de théâtre, on est tous des pigistes, on est habitués de travailler comme ça et ça permet plus de flexibilité», indique le président. |