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DANS LES MÉDIAS ÉLECTRONIQUES

«On ne donne plus la parole aux artistes»

Claudia Larochelle
Le Journal de Montréal
04-04-2007 | 11h27
«À moins de faire un scandale, on ne donne plus la parole aux artistes dans les médias électroniques.» De retour sur les planches, Louisette Dussault en profite pour clamer son désarroi envers le traitement de la culture au Québec.

La dernière fois qu'elle a joué au théâtre, c'est dans une pièce d'Eugène Ionesco, en 2001. Après, il y a eu quelques rôles à la télévision, plus jamais sur les planches. Puis, Vincent Bilodeau lui a demandé de jouer dans La Cagnotte au Théâtre Denise-Pelletier l'automne dernier. Elle a retrouvé la fougue de ses 30 ans. La semaine prochaine, elle sera une dame de 70 ans dans D'Alaska, de Sébastien Harrisson.

Puisqu'elle revient en lionne, qu'on lui donne «le micro», Louisette Dussault en a profité pour parler de culture, du contexte dans lequel on la bafoue aujourd'hui, alors qu'elle est plus énergique et intelligente que jamais.

Selon elle, les télévisions ne couvrent plus les arts de la même façon, s'intéressant à l'artiste qui fait scandale ou à la grande star seulement. «Comment ça se fait que je n'arrive pas à dire publiquement que c'est important d'avoir des arts dans les écoles? Là, je vais le dire! On forme des enseignants en théâtre à l'UQAM, mais on n'en engage pas dans les écoles parce qu'on n'ouvre pas de postes. On est aussi en train de faire disparaître les cours de musique.»

Le but médiatique

Dans cette même veine, la comédienne dénonce aussi la situation de plusieurs nouveaux artistes qui ont du talent à revendre, mais qui ne réussissent pas à se faire connaître du grand public, faute d'être médiatisés. «Il faut faire quelque chose, qu'on ne sache pas qu'on a un auteur comme Sébastien Harrisson est inadmissible», explique-t-elle au sujet du dramaturge de D'Alaska, qu'elle découvre avec un pur délice.

Elle soutient que nos artistes d'ici qui réussissent le mieux travaillent à l'étranger, qu'on a du mal à les revoir, que c'est aussi un signe qu'il faut s'arranger pour leur donner toute la place qui leur revient. Une grande place.

Quand elle défend ses idées, qu'elle prône l'importance de se porter à la défense de notre culture, Louisette Dussault nous rappelle la comédienne engagée comme candidate au Parti Rhinocéros en 1971 ou encore celle qui est montée à bord de l'autobus des Femmes pour la Souveraineté en 1995.

Le rôle qu'elle embrasse dans D'Alaska nous ramène sur scène une comédienne expérimentée qui a eu une carrière jalonnée de rôles importants, notamment Marilyn et Moman, de son premier spectacle solo, avec lequel elle a fait du chemin longtemps. Il y a aussi eu la Souris verte... Avec ce nouveau personnage de femme lesbienne et malade, on est loin du joli petit rongeur.

  • Lisez la deuxième partie de l'entrevue avec Louisette Dussault dans la section Théâtre du cahier Week-end de samedi.
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