RENDEZ-VOUS DE LA FRANCOPHONIEL'accent sur l'apport des Premières NationsMarie-Joëlle Parent Le Journal de Montréal 07-03-2007 | 11h33
Du 9 au 25 mars, des milliers d'événements culturels se tiendront d'un bout à l'autre du Canada, jusqu'au Grand Nord, question de raviver la flamme du français. Le coup d'envoi a été lancé hier en conférence de presse à l'auberge Saint-Gabriel dans un décor «Nouvelle-France» tout indiqué pour le thème de cette année: l'apport historique des Premières Nations. Histoire méconnue Une histoire trop souvent oubliée et que les jeunes gagneraient à connaître davantage. C'est la tâche que s'est donnée le conteur d'origine amérindienne Daniel Richer, qui sillonne les écoles du pays. Il était présent hier, habillé dans son costume traditionnel, aussi intimidant qu'impressionnant. Il a offert aux journalistes un avant-goût de ses talents de conteur, débutant chaque phrase par «ma grand-mère disait...». Il parle du respect et de l'importance d'écouter les autres. Dans le cadre des RDVF, il donnera 49 spectacles en 51 jours, un véritable rallye de contes et légendes. «J'ai hâte de le présenter à mes enfants», a lancé à la blague Véronique Cloutier. Marraine des artistes Parmi les activités des prochaines semaines, Radio-Canada présentera ce samedi La Fureur de la francophonie avec Véronique Cloutier et Véronic DiCaire parmi l'équipe des filles. Daniel Lavoie et Wilfred Le Bouthillier seront aussi présents. Véronic DiCaire agit quant à elle à titre de marraine des artistes francophones de la relève. Elle a présenté aux journalistes ses deux nouveaux «chouchous», deux beaux gosses visiblement talentueux qui attendent leur heure de gloire. Ça ne devrait pas tarder. Le premier s'appelle JP Leblanc, un jeune bluesman de Bathurst, au Nouveau-Brunswick, qui maîtrise la guitare comme un vieux routier du blues. Zachary Richard signe une chanson de son premier disque. «Vous voyez, la relève, ils branchent leurs fils eux-mêmes», a dit à la blague Véronique Cloutier pendant que le chanteur prenait place. Le deuxième poulain de Mme DiCaire s'appelle Damien Robitaille, de l'Ontario. Il ne manque pas d'humour. Il a remercié Véronic DiCaire en l'appelant sa «chou-fleur», lui renvoyant la balle. Il a quant à lui lancé son premier disque en 2006. L'Office national du film est aussi de la partie cette année et présentera près de 90 projections, des documentaires et des films d'animation dans 33 villes du Canada. Une question de respect«Les joueurs de hockey de pays étrangers qui sont ici à Montréal depuis 15 ans peuvent-ils au moins parler français, SVP? Ça me fâche.» Le message de Véronique Cloutier est clair. On ne badine pas avec le respect de la langue française. L'exemple des joueurs de hockey en est un parmi tant d'autres. Il illustre toutefois le combat que les francophones doivent livrer encore et toujours pour assurer la pérennité de leur langue. «C'est très fâchant. Je n'ai rien contre le fait de parler plein de langues, mais du moment qu'on s'aperçoit que je parle en français, je m'attends à ce qu'on puisse me répondre dans ma langue», déplore-t-elle. Véronique Cloutier est porte-parole des Rendez-vous de la francophonie pour la 4e année. «J'aime le français, j'aime le parler, j'aime l'écrire, c'était ma matière forte à l'école», dit-elle en pesant ses mots. Avenir du français L'avenir du français au Québec est-il menacé ? «Je suis une personne optimiste, alors j'ai tendance à croire que ça se porte bien. Mais là où c'est inquiétant, c'est dans les écoles : les jeunes savent de moins en moins bien écrire. Dans les forums de discussion, ça se voit. Ça va avoir des répercussions sur les générations à venir. Ça m'inquiète», dit-elle. Sur une note plus légère, son expression francophone préférée vient immanquablement du Lac-Saint-Jean. «T'es polissonne et gazée», dit-elle. Traduction: «Tu es impolie et énervée.» |