Accueil Divertissement
 
JDM

FESTIVAL JUSTE POUR RIRE 2006

Craig Ferguson is back!

19-07-2006 | 07h24
Craig Ferguson, animateur du très populaire Late Late Show américain a tout fait: batteur pour un groupe punk écossais douteux, barman, acteur de théâtre sous-payé, humoriste, réalisateur et écrivain. Il animera ce soir le gala du festival Just for Laughs, 19 ans après son premier séjour à Montréal.

«Ne soyez pas gênés, journalistes!» lance Craig Ferguson avec un fort accent écossais dès son entrée dans la salle de presse.

C'est que les demandes d'entrevues avec l'humoriste sont telles depuis son arrivée que le Festival a décidé d'organiser une conférence de presse.

Mesure discutable, puisque seulement trois questions entrecoupées de longs silences furent posées par les journalistes plutôt hésitants devant M. Ferguson.

L'animateur n'en a pas perdu son sens de l'humour pour autant. «Eh bien, merci tout le monde!» lance-t-il en faisant semblant de quitter la salle. Voilà comment tourner un malaise en un tonnerre de rires.

Nous nous sommes tout de même entretenus avec lui par la suite.

Retour à Montréal

L'animateur du Late Late Show à CBS est de retour à Montréal. Son dernier séjour remonte à 1987, où il a fait sa toute première apparition sur scène en Amérique en tant qu'humoriste.

De cette époque, Craig Ferguson n'a pas grande mémoire, car il souffrait alors d'alcoolisme. L'humoriste est sobre depuis 1992, toutefois.

Avez-vous un souvenir de cette première apparition sur scène il y a 19 ans? «J'étais complètement saoul à ce moment de ma vie: sur scène, dans les coulisses, réveillé, endormi, tout le temps!» dit-il de ses débuts plutôt flous.

Le seul souvenir qu'il garde de Montréal est une virée mémorable dans les vagues du fleuve Saint-Laurent avec le bateau Saute-Moutons.

«Peut-on encore faire ça?» s'interroge-t-il, «J'avais vraiment eu du plaisir.» C'est vrai que ça dégrise comme expérience.

La vie comme un scénario de film

Le parcours de Craig Ferguson est à l'image de ce personnage coloré qui sait allier humour et sérieux.

L'animateur fait l'analogie de sa carrière avec le film Shawshank Redemption.

Le personnage interprété par Morgan Freeman est emprisonné et échoue à chaque tentative de libération. Jusqu'au jour où il dit au comité exaspéré: «Je m'en fous complètement de ce qui arrivera, je suis qui je suis.» C'est là qu'il est remis en liberté.

«C'est ce qui m'est arrivé en comédie, dit Craig Ferguson. À un moment, je me suis dit que je n'allais plus faire de gags écrits par des gars qui sortent de Yale.»

Late Late Show

Depuis qu'il a repris l'animation du Late Late Show il y a 18 mois, l'émission diffusée à 0h35 tous les soirs bat des records d'audience.

«Plus de 2 millions et demi de spectateurs regardent mon show chaque soir, ce qui veut dire qu'un grand nombre de personnes ne peuvent pas dormir en ces temps incertains!» dit-il pour expliquer le succès de l'émission.

L'animateur de 44 ans a enfin trouvé en ce talk-show le moyen de s'exprimer comme il le veut, d'écrire ses gags et de montrer ses multiples atouts.

À la barre du Late Late Show, il se sent «comme dans un bon bain», il y reçoit ses invités, mais avoue n'avoir pas grand contrôle dans la sélection, par contre.

«Il peut arriver que je reçoive des actrices vraiment stupides, mais c'est rare!» lance-t-il sans gêne.

Un exemple, monsieur Ferguson? «Tara Reid. Elle est charmante mais...» répond-il, laissant le doute planer.

Et de quelle liberté jouit l'animateur dans son écriture?

«D'une grande liberté. Je ne me limite pas dans mon écriture. La censure ne fonctionne pas, ça n'incite à rien sauf à une plus grande créativité de la part des artistes», dit-il sans trop se soucier des effets contraignants de l'administration Bush.

Rappelons que les chaînes de télévision américaines sont passibles d'amendes si elles retransmettent le clip du président Bush, au sommet du G8, où on l'entend dire le mot «shit» à son homologue Tony Blair.

«Il y a toujours un moyen de détourner la situation pour pouvoir quand même donner son point de vue», soutient-il.

«La censure ne fonctionne pas. S'il y a un incitatif, c'est bien pour les artistes d'être encore plus créatifs», ajoute-t-il.

Allier humour et émotion

Si Craig Ferguson gagne sa vie par le rire, le personnage sait aussi émouvoir. En janvier 2006, son père meurt en Écosse. Le soir même, l'animateur lui a rendu un vibrant hommage empreint d'émotions et de pointes d'humour, un grand moment de télévision, à en croire les réactions des spectateurs.

Le numéro d'ouverture lui a d'ailleurs valu une nomination aux Emmy Awards en 2006.

Arrivé aux États-Unis en 1995, il a participé à plusieurs émissions de télévision, comme Maybe this Time, à ABC. Il a entre-temps écrit des films comme The Big Tease, Saving Grace et I'll Be There qui lui ont valu des prix. Il vient tout juste de publier un roman.

Ce que Craig Ferguson pense des humoristes canadiens? «Mon observation m'amène à dire qu'ils sont des surréalistes tranquilles, mais d'une folie hors du commun!»

haut