FESTIVAL JUSTE POUR RIRE 2006Un gala engagé avec laurent paquin Maxime Demers Le Journal de Montréal 09-07-2006 | 07h20
«C'est quoi le problème?» Voilà la question que posait Laurent Paquin lors du premier gala Juste pour rire de cette année. Un gala engagé qui a tiré dans toutes les directions et qui a touché la cible à plusieurs reprises.
Pour une seconde année d'affilée, Laurent Paquin s'est donné comme mission de parler des «vraies affaires» pour offrir un «gala engagé», comme il l'a répété à plusieurs reprises sur scène. Tous ses invités - de Dieudonné à Dominic et Martin, en passant par Billy Tellier, Jean-François Mercier, Martin Petit, Christopher Hall, Pierre Verville et François Léveillée - devaient donc traiter de choses sérieuses. Et ils ont tous rempli leur mandat, à quelques exceptions près.
Politique, médias, guerre, condition masculine, équité salariale, stress, changements climatiques figuraient donc parmi les sujets abordés par Paquin et sa bande, jeudi soir, sur la scène du Théâtre St-Denis. Mais vous savez quoi? On a bien rigolé quand même. On ne le répétera jamais assez: Paquin est un animateur hors pair -mordant, intelligent, punché...
Nous avons retenu pour vous certains des meilleurs et des moins bons moments de la soirée.
Les meilleurs moments
Le numéro d'ouverture, où Laurent Paquin annonce qu'il quitte la vie politique. Thomas Mulcair, Pierre Paradis, Mario Dumont et Louise Harel lui rendent hommage sur vidéo. Paquin prend en pitié les «pauvres» politiciens «qu'on accuse de toutes les calamités». Le tout se termine sur un numéro chanté de music-hall, avec une vingtaine de danseurs et danseuses. Réussi.
L'une des grandes révélations du Festival Juste pour rire l'an passé, André Sauvé a encore causé la surprise jeudi soir avec son humour déjanté et rafraîchissant. Cette fois, Sauvé y est allé d'un discours enragé sur... pas grand-chose, finalement, ou plutôt, sur tout à la fois. Sautant du coq à l'âne, il dénonce tout dans la plus grande confusion. Savoureux et hilarant. Il a obtenu la première ovation de la soirée.
Quelle bonne idée que ce numéro de la tribune téléphonique animée par Laurent Paquin, présenté en fin de première partie. La question du jour, bien sûr: «C'est quoi le problème?» Jean-François Mercier, Réal Béland, Sylvain Larocque, Jean-Thomas Jobin et même Jean Lapointe se sont succédé au téléphone pour dire ce qui ne va pas dans notre société, chacun dans son style particulier. «Le problème, ce sont les machines de vidéopoker», a répété le sénateur Lapointe.
OK, le lien entre le thème du gala et le monologue de Martin Petit sur la passion n'était pas évident. Il reste que le grand Petit nous a servi l'un des numéros les plus drôles du gala. Il s'en prend à la passion, particulièrement à la mode ces jours-ci. «Pas besoin d'être passionné pour aimer quelque chose, lance-t-il. J'aime la fondue, mais je ne vais pas me faire tatouer un kit de fondue dans le dos!»
Le coauteur des Bougon Jean-François Mercier, qui présentera bientôt son premier one man show, a offert un monologue mordant (et pertinent) dans lequel les journalistes, les médias et l'information spectacle en prennent pour leur rhume.
Le tandem Christopher Hall et Pierre Verville y sont allés d'une rétrospective mordante des six premiers mois de 2006, ce qui a permis à Verville d'imiter entre autres Jean Charest, Marc Labrèche, Michel Tremblay et Serge Fiori, et à Christopher Hall de faire preuve de ses talents de clarinettiste dans une chanson d'Harmonium.
L'ex-membre de Crampe en masse Ghyslain Dufresne a offert tout au long de la soirée quelques courts numéros chantés pas mal du tout. Celui dans lequel il chante des extraits de trente chansons d'émissions pour enfants en trois minutes était particulièrement bien ficelé.
Les moins bons moments
Les deux membres de la Clique nous en ont mis plein la vue avec leur spectaculaire numéro d'acrobatie. Mais, présenté en fin de première partie, le numéro visuel a coupé le rythme du gala, qui allait bon train depuis le début. Et c'était beaucoup trop long...
Billy Tellier a parlé de stress, des médias et de la vitesse au volant (entre autres) sans grande originalité. Tellier semble s'améliorer chaque fois qu'on le voit, mais il n'a pas encore la maturité ni l'aplomb d'un Paquin ou d'un Petit.
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