ARTURO BRACHETTIMade in QuébecDominique Lachance 08-07-2006 | 01h13
Le spectacle que promène l’illusionniste dans les nombreuses capitales européennes et dans toutes ces villes nord-américaines est – faisons chauvins – littéralement made in Quebec. François Barbeau en a conçu les multiples costumes, Guillaume Lord en a fait les décors, Simon Carpentier, un ex du Cirque du Soleil, en a écrit la musique, tandis que les marionnettes et accessoires utilisés pour le nouveau numéro d’ouverture qu’on cassera ici à Montréal ont tous été réalisés dans des ateliers d’ici. Il y a tout de même un collaborateur qui n’est pas de chez nous. Et pas le moindre. C’est l’Américain Arthur Kopit, ce familier de Broadway et auteur de Nine, que nous présentera soit dit en passant le Rideau Vert la saison prochaine, qui en a écrit le, disons, «scénario». En effet, ce nouvel opus de l’homme qui s’habille plus vite que son ombre n’a pas pour unique intention de nous en mettre plein la vue en se contentant d’enfiler 80 costumes en deux heures (!!!), mais de nous en mettre aussi… plein le coeur. Dans le coeur de l’enfance «Ça n’est pas qu’un spectacle de variétés», défend ainsi d’entrée le metteur en scène Serge Denoncourt, qui a le sentiment d’offrir maintenant le vrai spectacle qu’ils avaient envie de faire, Arturo et lui, depuis les débuts de leur partenariat, voilà six ans, sous les auspices du Juste pour rire. «Ça relève aussi du théâtre avec un message, au sens où ça dit ce que prône depuis toujours Arturo, il faut garder son coeur d’enfant toute la vie», dit-il encore. «C’est l’histoire d’un homme d’environ 40 ans qui retourne chez lui dans le grenier de son enfance après la mort de sa maman. Il doit débarrasser les jouets et les objets du grenier et lorsqu’il le fait, il revit des moments de son enfance», poursuit Brachetti, qui admet qu’il y a là un peu matière autobiographique. «C’est presque autobiographique. Ma mère n’est pas morte, mais ma grand-mère, et à ce moment j’ai vu un morceau de mon enfance qui partait», reconnaît-il. Le spectacle de la maturité Cependant, parce que chez Brachetti on est dans un monde de fantaisie, Arthur Kopit a imaginé faire s’animer les jouets et parler le vieux sac à main rouge de la grand-mère. «C’est là la vraie âme du spectacle», relève le transformiste, qui dit avoir compris au nombre de courriels et commentaires reçus combien ce retour sur l’enfance a su toucher universellement. «Pour la première fois, les gens étaient pas intéressés au comment, mais par l’émotion ressentie», souligne-t-il. «Je dirais que c’est le spectacle de la maturité pour Arturo. Tout son art de transformiste, il le possède pleinement, mais ici, l’homme prend plus de place que l’artiste. C’est curieux à dire avec tous ces costumes, mais il est plus à nu», renchérit Denoncourt. Lisez la suite du dossier spécial sur Arturo Brachetti dans le cahier Week-end du samedi 8 juillet du Journal de Montréal. |