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© Photo courtoisie |
«L’écriture est une façon de vivre pour moi», confie Sylvain Larocque. |
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SYLVAIN LAROQUE
Le magicien des mots
Michelle Coudé-Lord
17-10-2009 | 04h00
Sylvain Larocque est un nom important dans le monde de l’humour au Québec. Écrire est une seconde nature pour lui, et ses pairs le courtisent constamment pour hériter de son intelligente plume.
À 42 ans, après 16 ans de métier, son nouveau show Vu d’même est un voyage à travers l’homme qu’il est, ses émotions, ses réflexions. Un spectacle signé Serge Postigo.
«Serge (Postigo) m’a amené plus loin que le simple stand up comique. Il y a aussi d’autres complices, comme François Léveillé, Laurent Paquin pour le numéro plus politique, et la musique de Dee, qui me permet de présenter une trame sonore dont je suis totalement fou. Dee est un gars
hyper intelligent. Sa création est moderne, branchée, urbaine», raconte Sylvain Larocque.
L’humoriste est catégorique: «Je ne pourrais pas faire un autre métier. Je travaille autant en français qu’en anglais. Ici c’est la capitale de l’humour. C’est très inspirant. Et l’écriture
est une façon de vivre pour moi. J’ai constamment sur moi un calepin de notes. Je me demande toujours quel gag je peux faire avec ce que je vis. Ça choque un peu ma blonde, car je suis
toujours distrait», lance-t-il en riant.
Sa blonde, qui se questionne sur la maternité, se retrouve d’ailleurs dans un des numéros du spectacle.
«Moi, je suis prêt à avoir un enfant, elle non. Je respecte cela. Donc, j’ai un numéro sur le dialogue intérieur avec le conseil d’administration de mes émotions. On y retrouve ma logique, la honte, le courage, la maturité qui discutent ensemble. On rentre alors carrément dans ma tête,
dans mes émotions. Je fais aussi mon testament sur scène. Plusieurs numéros viennent du fond de mes tripes. Je parle aussi du conflit des générations, de la sexualité, de la langue française
et du nouveau Parti indécis du Québec, car nous sommes le pays le plus indécis au monde», explique Sylvain Larocque.
Il estime que ce spectacle, c’est: «L’aboutissement de mes différentes expériences au niveau de mes écritures, du jeu et de mon stand up. Mais moi, je ne me considère jamais comme arrivé. Un show d’humour est en constante évolution, de soir en soir.»
VIVRE LA VIE
Sylvain Larocque a une définition de la vie très particulière, car elle a failli lui échapper. Il a en effet été victime d’un grave accident de moto à 22 ans. «Depuis, j’ai rayé les mots j’aurais
dû de mon vocabulaire.» La vie, pour lui, c’est «une maladie incurable à laquelle personne ne
survit, qui s’est transmise sexuellement».
Sylvain Larocque possède deux baccalauréats, un en chimie, l’autre en marketing. Il ne cache pas que sa carrière de représentant chez IBM lui apportait la sécurité financière que ce métier d’humoriste ne lui donne pas. Mais pour rien au monde il ne reviendrait en arrière.
«L’être humain a tendance à demeurer dans un malheur relatif qu’il connait plutôt que de prendre un
risque pour accéder à un bonheur potentiel qu’il ne connait pas. On préfère demeurer dans notre zone de confort. Moi, je m’y refuse. Je sais que j’aime assez ce métier pour ne jamais vouloir prendre ma retraite», affirme l’humoriste.
ÉCRIRE, RIRE, RÉFLÉCHIR
Sylvain Laroque veut faire rire, faire réfléchir, déclencher des rires gras, des sourires et aussi toucher son public, qu’il décrit comme très large.
«J’aime me coucher après un spectacle, en ayant l’impression que j’ai offert une autre vision aux gens grâce au regard et à la lumière que j’aurai jetée sur le propos», précise-t-il. Il espère que l’écriture, qui est sa deuxième peau, l’amènera sur la route d’une télésérie, une comédie dramatique à la Grey’s Anatomy par exemple. En compagnie de son ami Stephane Roy, il est en train d’écrire aussi une nouvelle pièce de théâtre.
Vu d’même est un spectacle calqué sur l’homme qu’est Sylvain Larocque. Drôle, intelligent, réfléchi: c’est ce que disent constamment ses collègues à son sujet.
«Mon but premier n’est pas de me faire reconnaître sur la rue. Le respect de mes pairs est ma plus grande source de motivation», conclut l’humoriste.
Sylvain Larocque au Cabaret Juste pour rire du 20 au 24 octobre et en tournée au Québec. Pierre Hébert, Daniel Gagnonaux aux textes, Claude Cournoyer aux éclairages et Guillaume Millet à la conception vidéo sont des alliés dans Vu d’même.