ECLYPS«Sans la magie, mon existence n’aurait aucun sens»Alexandre Geoffrion-McInnis Le Journal de Montréal 12-07-2008 | 04h00
Comment résumerais-tu Eclyps à un touriste qui se demande s’il devrait assister au spectacle ? C’est l’histoire d’un jeune garçon (Gabriel Sylvestre) qui se met à douter de l’existence de la vie sur la Lune. Les Sélénites, créatures de la Lune, vivent à travers l’imaginaire et se donnent alors pour mission de le convaincre de leur existence en venant sur Terre. Crois-tu à l’existence des extraterrestres, à la vie sur d’autres planètes ? Je ne sais pas. Je n’ai aucune preuve qui me confirme ou m’infirme cette possibilité. En regardant les étoiles, je me dis que peut-être… mais c’est ce doute, ce manque de certitude qui me permet de créer. De toute façon, si on savait la réponse à cette question, je préférerais l’ignorer parce que ça laisse de la place à l’imagination. La magie occupe une place importante dans ta vie… Oui, sans la magie, mon existence n’aurait aucun sens. Elle est essentielle à la vie. On n’a qu’à penser à l’actualité, aux désastres qui nous sont rapportés chaque jour pour se convaincre du besoin de se divertir, de croire en elle. Quarante pour cent du contenu du spectacle est différent par rapport à l’année dernière. Est-ce que tu t’inquiètes de la réaction des spectateurs ? C’est certain que j’ai des papillons dans l’estomac, mais ce n’est pas parce que la qualité du spectacle m’inquiète. Disons que nous avons «bonifié» le show, car les scènes sont identiques. J’ai pris les suggestions de l’équipe et j’ai adapté certaines scènes aux nouveaux acrobates qui participent au spectacle. Parle-moi de ta relation avec le metteur en scène Martin Larocque. Je ne connaissais pas Martin avant de travailler sur Eclyps. Nous avons une bonne complicité parce que nous n’intervenons pas dans le champ de compétence de l’autre. C’est d’ailleurs lui qui m’a suggéré de remplacer le comédien Jean Laprise par André Richard, celui qui jouait le rôle de Fanfan Dédé dans une émission des années 1970. Fanfan Dédé, c’est l’un des personnages qui ont marqué ton enfance ? Oui! Je suis né en 1968 et je me rappelle que je me levais chaque matin avec Fanfan Dédé. C’est André Richard qui le personnifiait et de pouvoir être à ses côtés maintenant me donne l’étrange impression d’avoir à nouveau six ans. Bien sûr, il a pris quelques rides, mais il n’a pas vieilli pour autant. Justement, tu viens tout juste de franchir le cap de la quarantaine. Comment vis-tu cette étape de la vie ? Je ne me sens pas différent, mes 40 ans m’ont simplement permis de faire une réflexion sur ma vie. Je me dis que la première moitié de mon existence est passée et que j’en suis très fier. Je me suis demandé si j’étais heureux et si j’aimais ce que je faisais, et j’ai répondu oui aux deux. Quelle est la principale différence entre les réactions du lectorat d’Amos Daragon et celles des spectateurs qui assistent à Eclyps ? La spontanéité! J’ai des papillons dans l’estomac parce que je m’inquiète toujours de la réaction des spectateurs. Un spectacle, c’est humain. Il y a moins d’éléments que l’on peut contrôler par rapport aux écrits dans les livres. Cependant, je n’ai pas de préférence entre ces deux expressions artistiques, elles s’équivalent. As-tu d’autres projets en tête pour l’été ? Je travaille présentement à l’écriture de ma nouvelle série, basée sur les loupsgarous, Wariwulf. J’ai toujours été fasciné par cette créature, d’ailleurs j’ai fait ma maîtrise à l’université sur ce mythe populaire. Le premier tome devrait paraître à l’automne. Eclyps sera présenté du mardi au samedi, du 8 juillet au 23 août, à la Cité de l’énergie de Shawinigan. Pour plus de détails, www.citedelenergie.com.
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