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© Le Journal de Montréal |
Gary Kurtz |
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GARY KURTZ
« ... étudier les êtres humains comme si j’étais un extraterrestre »
Agnès Gaudet
12-04-2008 | 04h00
Il vogue entre
paranormal, magie et
illusion. Son discours est
ambigu, son sourire pincesans-
rire, mais son regard
reste mystérieux. Voici
quelques questions à
l’insaisissable Gary Kurtz.
Est-ce que tu préfères qu’on te compare
à Dieu qui fait des miracles, à un
magicien très habile ou à un extraterrestre?
À un extraterrestre, parce que j’observe
toujours les gens de l’extérieur et je me
sens donc comme un alien. Je me regarde
moi-même de l’extérieur, je suis toujours
en train d’analyser, d’étudier l’être humain
comme si j’étais un extraterrestre.
Comment fais-tu pour conserver le
mystère autour de ton personnage?
C’est important de ne pas faire trop de
talk-shows et c’est difficile de toujours
jouer pour garder le mystère. Mais on a
tous nos propres croyances et c’est intéressant
de cultiver l’ambiguïté. Au
départ, l’approche marketing a été trop
axée sur le mystérieux. (Éclats de rire)
Aujourd’hui, les gens savent que mon
spectacle est également drôle.
Est-ce que tu devines à quoi pense ta
femme quand elle boude ou quand tes
enfants mentent?
Oui, je devine avec les gens proches de
moi. Mais dans la vie, on ne veut pas tout
savoir. Le meilleur moyen de connaître la
vérité à 100% est de parler avec les gens
et d’écouter.
Est-ce plus dur de faire plier une
cuillère ou de deviner les numéros de
téléphone des gens?
Ce sont deux choses qui demandent des
concentrations complètement différentes.
On ne peut pas comparer des
pommes et des fraises.
As-tu besoin de beaucoup de matériel
de scène pour ton spectacle?
J’ai trois heures prêtes à répéter pour
mon prochain spectacle et jusqu’à présent,
je n’ai eu besoin d’aucun accessoire.
Il y aura un décor et une mise en scène
(signée Alexis Martin), un emballage.
As-tu parfois l’impression que tu te
moques des gens?
Je ne me moque pas. Je ne suis pas hypnotiseur.
La seule façon que j’ai trouvée
pour me démarquer de David Copperfield
avec ses huit camions d’accessoires
était d’entrer dans la tête des gens, dans
leur vie personnelle. C’est aussi impressionnant
qu’un feu d’artifice. Les gens
viennent me voir pour ça et ils se sentent
privilégiés, je crois.
Qu’est-ce que tu ferais dans la vie si
tu n’étais pas illusionniste? Astrologue,
peut-être?
Astrologue jamais. Dans mes passetemps,
je suis aussi bon que des professionnels.
J’étudie les insectes et j’ai une
collection de 20000 spécimens que j’ai
rapportés de voyage. Je fais aussi de la
photo, mais gagner sa vie comme photographe
n’est pas facile. En fait, j’ai le travail
idéal qui me laisse plein de temps
libre pour mes passe-temps.
Dans quel état d’esprit es-tu en préparant
ce nouveau spectacle qui sera
présenté en anglais et en français,
peut-être même Off Broadway?
En fait, je commence à oublier mon
anglais, je cherche parfois mes mots. (Il
est né en Ontario de parents allemands).
Mais j’ai bien hâte. Je n’ai aucune crainte
pour l’avenir. Mon spectacle est attendu
sur plusieurs marchés que j’ai déjà touchés.
Les contacts avec les Américains et
Toronto sont faits. Il n’y a pas de pression,
que des attentes.
Gary Kurtz termine une tournée de six
ans après un demi-million de billets vendus
ici et en Europe. Il sera à Joliette le
13, à Brossard les 22 et 23 et il bouclera la
boucle du 30 avril au 3 mai à Québec.