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MARTIN MATTE

Beauté, assurance et humour

Pascale Lévesque
Le Journal de Montréal
20-10-2007 | 05h00
POURQUOI EST-CE QU'ON SE SENT IMPRESSIONNÉ DE TE RENCONTRER ?

Je crois que c'est propre à chacun… Il y en a qui aiment ce que je fais, y en a d'autres qui trouvent que je suis beau ou encore, que le message que je dégage les rend tout simplement heureux. Un mélange de beauté, d'assurance et d'humour…

À QUOI PEUT-ON S'ATTENDRE DANS CONDAMNÉ À L'EXCELLENCE ?

Moi, j'aime ça arriver vierge à un film ou à un show. Je me demande si c'est l'fun pour les gens de savoir ce que je vais présenter… Surtout qu'on est complets et que je n'ai pas besoin de stimuler les gens à venir!

OUI, MAIS DISONS QUE JE VEUX M'ACHETER DES BILLETS POUR 2009…

Je conte des histoires, je provoque, je touche. C'est quasiment le même show que je faisais, avec d'autres sujets, mais en même temps, très différent: j'ai écrit beaucoup sur la paternité, la mort de mon père me fait parler de tout le rituel de la mort…

ET C'EST DRÔLE ?

Je veux que ça rie beaucoup, que les gens soient crampés. Ça, pour moi, c'est essentiel. Si j'avais juste un bout de show à faire, ça serait celui-là. Après, ben, ils sont là toute la soirée, ça serait cool de les toucher! Non, mais avant, mon but c'était de les faire rire, et là avec la maturité, j'ai envie de jouer dans les talles que je n'avais pas touchées. Parce que l'humour, ça peut être beaucoup de choses. Il n'y a pas de bonne façon de faire de l'humour, mon but, c'est de créer des émotions, de saisir mon public.

DES GENS SONT SORTIS DE TON SPECTACLE " RODÉ " À SAINTE- THÉRÈSE EN DISANT : " IL EST FOU, IL EST FOU. ATTACHEZ-LE QUELQU'UN." TU VOIS ÇA COMMENT ?

Tant mieux, parce qu'il y a une folie là-dedans. C'est très flatteur de voir les gens tripper. Et à la limite, si les sujets touchent moins, on peut toujours apprécier le fait que je suis bien proportionné.

L'AVANTAGE DE LA SCÈNE, C'EST DE POUVOIR S'AMÉLIORER À TOUTES LES REPRÉSENTATIONS. TA PREMIÈRE, DANS DIX JOURS, DEVRAIT ÊTRE PAS MAL DIFFÉRENTE DE CE QUE TU VAS PRÉSENTER DANS TES SUPPLÉMENTAIRES EN… 2046?

Oui, mais les chances que ça m'arrive à moi sont moins grandes. Je commence toujours pas mal au sommet, alors c'est plus dur après de m'améliorer, quand tu commences très fort.

EST-CE QUE L'HUMOUR PEUT CHANGER LES CHOSES ?

Un millimètre. J'ai fait 350 représentations de mon premier show, avec des numéros à tendance plus sociale comme celui de mon frère, qui a subi un traumatisme crânien. J'ai reçu plein de courriels de gens touchés par son histoire, mais concrètement, l'urgence de l'hôpital Sacré-Coeur, ça ne change rien. J'ai comme perdu cette illusion-là. Avard avec Les Bougon, il voulait-tu en faire changer des affaires? Et les résultats… Au moins, ça fait prendre conscience, et c'est déjà un pas.

ÊTRE HUMORISTE, C'EST DONC…

D'être humoriste je trouve ça fort, noble et grand et je ne me considère pas moins parce que c'est drôle. C'est quelque chose de monter sur une scène avec juste une chemise et de faire rire les gens pendant une heure. Ça ne pose aucun complexe par rapport des emplois de comédien comique (Caméra café) ou dramatique (Nitro) que j'ai pu avoir. L'humour, c'est difficile lorsque c'est bien fait.

C'EST IMPORTANT D'ÊTRE DRÔLE POUR ÊTRE HUMORISTE ?

C'est essentiel. Il faut même être drôle dans la vie. Moi, c'est un état d'âme, je suis comme ça depuis que je suis tout petit, ce que je fais aujourd'hui, c'est une poursuite de ce que j'ai toujours été. Tu ne peux pas devenir humoriste ou comédien… c'est vraiment un état d'âme. Les écoles ne font que t'aider à être meilleur et à te créer des contacts.

APRÈS NITRO, LE CINÉMA T'A RAPPELÉ ?

Pour l'instant, je suis immergé par mon spectacle. J'essaie de garder l'équilibre, et pour le moment des films c'est sûr que je veux en refaire, mais on en reparlera dans quelques mois.

À QUAND «LA FRANCE AMOU- REUSE DE MARTIN MATTE» OU «LA FRANCE CHANGE DE NOM POUR RÉPUBLIQUE DE MARTIN MATTE» ?

Va falloir qu'on mette ça dans l'ho- raire pour 2009. Ce qui me trouble, c'est ma famille. Je vais prendre mon petit gars en première année, et je l'envoie à l'école là-bas. Si j'étais seul, je ne me poserais pas de questions. Mais c'est sûr que je vais tenter de quoi là-bas.

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