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Exclusif - Cinq questions à...Dieudonné
Dieudonné

EXCLUSIF

Cinq questions à...Dieudonné

Propos recueillis par Véronique Beaudet
14-06-2007 | 11h17
C'était en 2003. L'humoriste français Dieudonné est invité à l'émission On ne peut pas plaire à tout le monde (une sorte de Tout le monde en parle) animée Marc-Olivier Fogiel. Ce soir-là, l'émission est consacrée à l'humoriste Jamel Debbouze et pour l'occasion, Dieudonné prépare un sketch spécial pour son copain. Coiffé d'un petit chapeau avec des guirlandes dégoté dans une boutique de farces et attrapes et d'une cagoule, Dieudonné interprète un intégriste israélien. Mais ce qui devait être un sketch d'humour est devenu pour certain, un sketch antisémite. S'ensuit alors une polémique spectaculaire et la controverse est baptisée «L'affaire Dieudonné».

Quatre ans plus tard, bien que les médias français aient pour la plupart choisi de ne plus donner la parole à Dieudonné, l'humoriste a survécu à la controverse. Dieudonné foule toujours les planches et sera de passage à Montréal les 20, 21 et 22 juin prochain, au théâtre Le National, pour présenter son spectacle Best Of, qui renferme les meilleurs coups de ses dix ans de carrière solo. Entrevue avec un humoriste qui n'a pas la langue de bois.

Vous n'êtes pas à votre première visite ici. Comment trouvez-vous le Québec?
J'aime beaucoup le Québec, il peut se passer plein de choses ici. Mais, comme toutes les sociétés qui ont évolué rapidement, je crois que le Québec s'est un peu endormi. Il y a une sorte de confort qui a un peu anesthésié la société au niveau politique. Il y a eu des rêves fous dans les années 1970 et aujourd'hui, la situation est plus conservatrice.

Étant donné que les médias français ne vous invite plus beaucoup, comment faites-vous pour faire la promotion de vos spectacles et de ceux présentés à votre théâtre La Main d'or à Paris?

Lisez les cinq premières questions posées à Dieudonné en vous procurant le 24 heures, édition du jeudi 14 juin.

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Je crois que quelqu'un comme moi n'aurait pu survivre économiquement dans un système tel qui l'était avant l'arrivée d'Internet. Mais Internet a tout changé. Le public qui a un doute et qui se pose des questions, à mon sujet par exemple, peut aller lui-même sur un moteur de recherche et tomber tout d'un coup sur un tas d'articles me concernant. Là, il peut se faire un avis en voyant des photos, des témoignages, des articles, et s'apercevoir que la vérité n'a absolument rien à voir avec ce que les médias les plus importants ont divulgué. Il y a un bras de fer qui s'est fait entre les deux univers. L'opinion publique est de plus en plus critique.

Vous dîtes que la seule particularité de la Shoah est que c'était des blancs qui s'attaquaient à des blancs. Mais c'était aussi une extermination à très grande échelle...
Non, c'était une toute petite échelle par rapport à la traite négrière. On parle de centaine de millions de personnes qui ont vécu l'esclavage. Ça ne peut pas être l'échelle et ça ne peut pas être la durée parce que l'esclavage a duré plus de 400 ans. Donc c'est simplement parce qu'il s'agit de blancs. En aucun moment je ne remets en cause l'importance et la douleur de ce crime, mais j'ai envie de dire à ceux qui sont entrain de gémir et de pleurnicher à la télé, «calmez-vous parce que si tout le monde commence à pleurnicher, on va tous s'y mettre». Il faudrait donc arrêter d'en parler, dire la vérité historique, mais qu'il n'y ait pas de commémoration. Je veux que l'on arrête de m'emmerder avec ça tout comme je n'ai pas envie que l'on emmerde les gens avec l'histoire de la traite négrière. Mais cette position, je l'avoue, remet en cause l'unicité d'une souffrance. Alors si c'est ça qui pose problème alors oui, je l'assume.

En avez-vous assez que l'on vous parle toujours de cette controverse autour de vous?
Je suis passé tellement à d'autres sujets depuis, comme la déforestation et la situation difficile des Pygmés en Afrique Centrale, mais on revient toujours avec ce sujet. Mais je n'ai absolument aucun problème avec ça, j'ai d'ailleurs été soutenu par des rabbins anti-sionistes qui sont venus me voir à mon théâtre. On peut le retrouver dans le bonus de mon spectacle 1905. J'ai envie de dire que je ne suis pas le moteur de cette polémique, mais quand on me pose la question, j'essaie d'y répondre le plus honnêtement possible.

Vous connaissez bien un de nos humoristes québécois : Jean-Marc Parent...
Oui. J'aime beaucoup Jean-Marc Parent. Pour moi, c'est une personne qui a une attitude très naturelle et très spontanée sur scène. Il est vraiment un orateur étonnant et il dégage une véritable humanité. On a plein de points en commun comme son goût pour les voyages, pour l'Afrique, pour les pays du tiers monde, pour le soleil, la moto et pour les motorisés! Moi j'en n'ai pas, mais j'en suis fasciné. On a sympathisé et on a finalement développé une relation d'amitié.

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