Accueil Divertissement
 
JDM
Marie-Chantal Vaillancourt - Apprivoiser l'univers du clown
© Photo Journal de Montréal/Pascal Ratthé
La costumière Marie-Chantal Vaillancourt doit habiller une cinquantaine d’artistes qui portent chacun en moyenne quatre costumes.

MARIE-CHANTAL VAILLANCOURT

Apprivoiser l'univers du clown

Philippe Renault
Le Journal de Montréal
28-04-2007 | 10h23
Si l’art clownesque est à l’honneur dans le nouveau spectacle du Cirque du Soleil, nous sommes bien loin des traditionnels perruques et nez rouges. Tout aussi éclatés que l’univers dans lequel se déroule Kooza, les costumes des artistes et acrobates du cirque ont nécessité à Marie-Chantal Vaillancourt deux années de travail.

Celle qui oeuvre dans le milieu depuis plusieurs années en cinéma, en théâtre et en danse avoue donc que l’adaptation a été imposante en vue de cette production présentée sur les quais du Vieux- Port de Montréal dès le 3mai.

«C’est mon deuxième spectacle avec le Cirque du Soleil parce que j’avais fait avant. Mais là, je dois apprivoiser l’univers du clown et c’est quelque chose!» a lâché d’entrée de jeu la costumière lorsque rencontrée au siège social du Cirque du Soleil, à Montréal.

«J’ai dû mettre de côté bien des choses. Il y a une grande partie de chaque personnage qui se retrouve dans le clown lorsque la transition entre les deux univers survient. Si le personnage avait une salopette au départ, il doit y avoir une référence lorsqu’il arrive dans le monde imaginaire. Même aujourd’hui, il y a encore du raffinement à apporter.

«Ce qui est particulier, c’est que les clowns arrivent habituellement de l’extérieur et sont transposés dans le spectacle. Mais là, ils font tous partie du même royaume imaginaire. Il faut y avoir une certaine unité même si on crée pour un paquet de monde», ajoute-t-elle.

Plus de 200 costumes

Pour cette 20e production de l’histoire du Cirque du Soleil, Marie-Chantal Vaillancourt part son seulement à la découverte d’un nouveau monde, mais doit en plus faire face à une production encore plus exigeante qu’à l’habitude.

«Il y a 52 artistes qui portent chacun en moyenne quatre costumes. C’est plus que les autres spectacles, qui comptent généralement deux costumes par artiste. Il y a une cinquantaine de personnes qui travaillent dans l’atelier de couture», indique-t-elle.

Pour des athlètes

Par-dessus tout, Mme Vaillancourt doit habiller des acrobates et athlètes, ce qui nécessite une attention particulière dans le choix des matières à utiliser.

«Je dois travailler avec plusieurs contraintes techniques et ça peut devenir une question de sécurité. Lorsqu’une fille se trouve sur un trapèze à 30 pieds dans les airs, on ne peut pas se permettre de la mettre en danger en essayant de nouvelles choses.

«Les tissus doivent également être plus ou moins extensibles, selon les performances. Par exemple, le pantalon de celui qui doit s’accrocher à un mât par les jambes ne peut avoir le même tissu que les autres, tandis que les manches du jongleur et du Pickpocket doivent être adaptées à leur performance. Il y a eu beaucoup de recherches et développement à faire», affirme-t-elle.

Rappelons que Kooza relate l’histoire de l’Innocent, un solitaire mélancolique qui cherche sa place dans le monde. Ce dernier est alors initié à l’univers du cirque par Trickster, un joker diablotin.

haut