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Daniel Gadouas - La liberté de l'acteur
© Photo Journal de Montréal/Chantal Poirier
Daniel Gadouas reprend à La Licorne le rôle de Jérôme dans Avaler la mer et les poissons.

DANIEL GADOUAS

La liberté de l'acteur

24-02-2007 | 13h39
En tournée depuis le 20 janvier, Avaler la mer et les poissons, de Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent, ne cesse de recevoir les éloges. Dans cet univers féminin, écrit par deux comédiennes, Daniel Gadouas embrasse un rôle où force et vulnérabilité se côtoient jusqu’à ce que lamer l’avale. Lui, mord à belles dents dans cet océan qu’il navigue sans crainte du naufrage.

Il ne peut pas y avoir de naufrage pour cette reprise à La Licorne où cette création affichait complet pour 35 représentations à l’automne 2005. La pièce est rodée. Ses partenaires de scène et lui mènent la barque depuis un bon moment déjà. «C’est toujours agréable de reprendre une pièce quand on sait que ça marche. Il y a une sorte de détente qui s’installe et une camaraderie entre les comédiens qui est typique au théâtre», déclare-t-il.

Outre Denis Bernard dans le rôle de Georges, ses camarades Isabelle Vincent et Sylvie Drapeau, qui jouent respectivement Ariel et Kiki, Gadouas, qui incarne Jérôme, parle avec tendresse et appréciation du travail de la metteure en scène Martine Beaulne. «Je me suis vraiment laissé aller dès le début. Je me sentais aimé et désiré au sein de la production. Martine sait instaurer un climat dans lequel elle laisse beaucoup de place à la liberté de l’acteur et à ce qu’il donne de sa personne sur scène.»

Le trop-plein

Son personnage de Jérôme, un prof d’histoire… sans histoire, se donne lui aussi beaucoup dans sa relation avec Ariel, sa femme qu’il aime passionnément, presque aveuglément, et auprès de laquelle il s’abandonne au point d’y laisser sa peau. Puisque comme dans le titre de la pièce inspirée de l’expression qui fait référence à l’amour de la gourmandise et à ce besoin que l’on a parfois de tout prendre en même temps au péril de tout, à trop avaler d’eau, il se noiera.

Si elle parle d’intensité, du trop-plein d’ambition qui peut assombrir une destinée, cette pièce qui traite de moments où la vie impose ses deuils et vérités ne représente pas nécessairement la nature profonde du comédien derrière Jérôme, lui qui n’a pas tendance à vouloir avaler lamer et les poissons. «Je suis plus modéré. Il y a la sagesse…Et puis, j’ai déjà été plus excessif, je le sens bien.»

Leçon de zen

Marié depuis 18 ans, père de deux enfants, le banlieusard ne mène pas la vie comme un jet-setter qui s’enivrerait du glamour des choses. Tout cela est bien éphémère et le quinquagénaire l’a compris depuis longtemps. La carrière qu’il mène de front au théâtre et à la télévision ne l’angoisse pas outre mesure.

Là encore, la sagesse y est pour beaucoup. L’homme, plus instinctif qu’analytique, avoue ne pas se poser mille et une questions sur les rôles qu’il assume.

Gadouas, qui a commencé sa carrière à la télévision à l’âge de 12 ans, vit au gré des flots et estime ne pas avoir de plan de carrière, savourant la liberté que le métier lui permet d’avoir sans craindre pour ces rôles qu’il n’aura pas ou ceux qu’il devra jouer. À défaut de vouloir avaler la mer et les poissons, il déguste bouchée par bouchée, préfère profiter de l’instant, le faire durer. C’est dans sa nature.

Avaler la mer et les poissons, de Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent, mise en scène de Martine Beaulne. Avec SylvieDrapeau, Isabelle Vincent, Denis Bernard et Daniel Gadouas. À La Licorne jusqu’au 24mars, au Théâtre Outremont, le 3 avril, à la Maison de la culture Maisonneuve, le 4 avril, à la Maison de la culture Ahuntsic, le 5 avril et ailleurs dans les environs jusqu’au 20 mai.
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