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Jean-François Mercier  - Vulgaire… mais jamais gratuitement
© Pierre Vidricaire - Journal de Montréal
Jean-François Mercier

JEAN-FRANÇOIS MERCIER

Vulgaire… mais jamais gratuitement

Pascale Lévesque
04-11-2006 | 22h08
Avis aux petites oreilles chastes, le 7 novembre, «Le Gros Cave» investit la scène du théâtre St-Denis. Après plusieurs années à écrire dans l’ombre, le coauteur des Bougon Jean-François Mercier réalise son rêve en se mettant enfin sous les feux de la rampe. Je peux mourir, maintenant!», lancet-il. Il faut dire que l’humoriste a attendu longtemps avant de se lancer dans l’écriture d’un spectacle à lui. Depuis sa sortie de l’école de l’humour en 1997, il travaille principalement comme scripteur.

«C’est plus facile de faire de l’argent quand t’écris pour quelqu’un. Il y en aura toujours des gens pour prendre les jokes des autres et se faire applaudir sur la scène. Mais pour moi, monter sur scène, c’était du niveau du rêve», dit Jean-François, expliquant pourquoi il a mis tant de temps à se décider.

«Être scripteur, c’était une façon honorable de gagner sa vie. Mais plus ça allait et plus j’étais confortable. Et puis sont venus Les Bougon. J’ai refusé beaucoup de contrats d’écriture durant Les Bougon, au-delà d’un million de dollars en contrats. Et qu’est-ce que tu veux que j’écrive de mieux que Les Bougon

Auteur en déclin
Il précise : «Honnêtement, je ne pourrai pas faire mieux. J’étais un auteur en déclin en fait, et j’ai décidé de profiter de ça pour me lancer dans mon spectacle. » C’est là que Le Show du gros cave est né. Un show qu’il a rodé tout l’été à Laval devant un public des plus variés, même des «têtes blanches» comme il dit.

Pourquoi «le gros cave»? «C’est une question de marketing. Si j’avais appelé ça le show du gars intelligent, je ne suis pas certain que ça se serait aussi bien retenu», plaide Jean-François Mercier. L’humoriste ne s’en cache pas, il fait de l’humour vulgaire. «Je suis vulgaire dans la vie», dit-il sans mentir. Mais sa vulgarité n’est jamais gratuite : Jean-François accorde de l’importance au propos. Sa vulgarité est un point de vue artistique.

«Quand il y a de la morale ou des messages dans l’humour, ça me fait chier. Moi, j’essaie d’avoir un propos, un point de vue artistique, mais d’abord de faire rire. Et puis je mets ça dans un emballage qui me ressemble », explique-t-il.

Le Show du gros cave a pris naissance à partir de 4h30 de matériel. «Je ne fais pas un show pour changer le monde. Mais je crois que quand les gens paient pour venir me voir, il ne faut pas qu’ils finissent leur soirée écoeurés. »

Plus qu’un ami, un frère
C’est là que Jean-François Mercier s’arrête et demande : «On peut-tu parler de François?

– Bien sûr, on allait y venir.

– C’est parce que François… tu sais, le rêve de faire de la scène, c’est lui qui m’a encouragé là-dedans. »

Il y a près de douze ans, il faisait la connaissance de François Avard à l’École de l’humour. De fil en aiguille, les deux hommes se sont mis à travailler ensemble et ont créé Les Bougon, un classique de la télévision québécoise.

«C’est plus un frère qu’un ami…», confie t-il avant de prendre une longue pause. L’émotion qui l’envahit est palpable et il attend qu’elle passe pour poursuivre. Larmes aux yeux, l’humoriste nous fait comprendre l’importance de ce lien. «François et moi, séparément, on s’en tire plutôt bien. Mais ensemble, es&%i qu’on a du fun. Il fesse fort et ça me challenge et vice-versa. C’est comme une escalade à chaque fois», raconte Jean-François.

En l’écoutant parler de François Avard, on devine combien il a été non seulement un catalyseur pour sa carrière, mais aussi pour sa vie en lui donnant la petite poussée qu’il fallait pour s’accomplir. «Quand je suis avec lui, je me sens invincible. Tout est possible avec lui», confie-t-il. Il rêve un jour de transposer leur duo à l’écran. Une idée comme ça lui a traversé l’esprit.

«Si on pouvait juste capturer cette folie là… mais il faut que je convainque François de se montrer à l’écran. Il faut vraiment qu’on refasse un projet ensemble », affirme-t-il.

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