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© Le Journal de Montréal |
Clémence DesRochers |
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CLÉMENCE DESROCHERS
Dernier tour de jardin
Claudia Larochelle
12-01-2008 | 04h00
C’est une gamine de 74 ans qui enligne la scène du Gesù. Elle sera sur ces planches dans quelques jours. Clémence DesRochers, qui souligne son demi-siècle de carrière cette année, ressuscitera les deux vieilles, la danseuse espagnole aussi, ressortira de la penderie la robe de soie et pourrait bien aussi nous faire un jardin. Encore une dernière fois.
La taquinerie dans l’oeil, la blague à la commissure
des lèvres, tellement difficilement
retenue par la mince sagesse acquise au fil
des saisons, elle n’est pas loin la Clémence
DesRochers des Bozos, la «one of the boys»
qui faisait les 400 coups en 1959 avec Léveillé,
Brousseau, Ferland, Lévesque, Blanchet et
Gagnon, des inconnus à cette époque.
Pas bien loin, mais pas épargnée non plus,
comme les gars des Bozos, par les affres de
la maladie qui lui a donné du fil à retordre
l’automne dernier quand la bactérie H.Pylori
a affecté sa muqueuse gastrique. Retenue
douze jours à l’hôpital et affaiblie comme
jamais, dame Clémence a dû annuler ses
spectacles jusqu’en 2008.
Fait quasi unique dans l’industrie, ce sont
les gens de sa propre compagnie de production,
les éditions Galoche, qui ont appelé personnellement
chaque détenteur de billet
pour lui attribuer une nouvelle date de
représentation…
LA FROUSSE AUTOMNALE
Elle recommence donc l’année à Montréal,
les 21 et 22 janvier, avant de repartir en
tournée dans la province avec son spectacle
Mes classiques en public, un collage des
plus grands succès de sa carrière, de Je
ferai un jardin à Je vis ma ménopause, en
passant par L’Homme de ma vie. Bien que
ce retour après 14 ans d’absence sur scène
dans la métropole l’excite au plus haut point,
la reine des monologues confie avoir
eu une belle frousse. «J’ai perdu beaucoup
de sang et j’ai dû avaler une caméra quatre
fois, explique-t-elle un peu candide avec sa
voix encore juvénile. J’ai peur de la mort,
mais avant tout, c’est la maladie, la dégénérescence
aussi qui effraient le plus.»
Les cheveux hirsutes, le rire caractéristique,
la voilà bel et bien remise sur pied. Ils
sont si solides qu’elle a réenfilé skis de fond
et raquettes aux premières bordées de neige
pour jouir de sa campagne estrienne.
Plus de peur que de mal donc pour l’hédoniste
qui devra faire le deuil du vin, son
élixir quotidien de 17 h. «Je n’entre pas
chez les moines pour autant», me prévientelle.
AU TOUR DE MARIE MICHÈLE
Après sa série de spectacles, elle tirera sa
révérence de la scène, comme Claude
Léveillée et Jean-Pierre Ferland l’ont fait
avant elle. Quelques voyages l’attendent,
quelques idées pour Marie-Michèle
Desrosiers aussi, celle qu’elle a prise sous
son aile aux éditions Galoche et pour qui
elle fait aller sa plume, sa créativité triste et
joyeuse. Le disque Marie-Michèle défrise
sort à la fin du mois, arrive après une tournée
de spectacles. Elle aimerait mieux parler
de sa protégée. Lui céder la place.
Faits saillants
Clémence DesRochers présente
son spectacle Mes classiques en
public à Montréal au Gesù les 21
et 22 janvier et en supplémentaires
les 23 et 24 avril.
Le spectacle du 21 avril se fera au
profit de la Petite Maison de la
miséricorde qui vient en aide aux
chefs de famille monoparentale.
L’auteure Hélène Pedneault lancera
en avril, au Salon du livre de
Québec, une réédition de sa biographie
sur Clémence DesRochers
parue aux éditions VLB.