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Yvon Deschamps |
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YVON DESCHAMPS
Ne jamais dire jamais
Maxime Demers
Le Journal de Montréal
09-06-2007 | 04h00
Yvon Deschamps a accepté de remonter sur les planches et d’actualiser certains
de ses monologues les plus connus pour le 25e anniversaire de Juste pour rire.
Et il ne le fera pas seulement un soir, mais bel et bien onze soirs, c’est-à-dire dans chacun
des galas francophones présentés au Théâtre St-Denis pendant le festival !
Un vrai marathon qui lui donne déjà le trac…
Le grand maître de l’humour québécois
a appelé lui-même Gilbert Rozon pour lui
proposer ses services pour le 25e anniversaire
du festival. Il lui a simplement dit
qu’il voulait participer à la fête en faisant
un numéro dans chacun des galas. Mais
pourquoi TOUS les galas?
«C’est ma récompense d’être sur scène.
Et je connais le trac que je me paye pendant
un mois et demi avant. Je me dis que
ça ne vaut pas la peine pour trois soirs
seulement», lance Yvon Deschamps en
éclatant de ce rire si célèbre et familier à
la fois.
«Il y a aussi que je tiens à être présent
pour célébrer avec eux le 25e. Je ne veux
pas juste être là un ou deux soirs. C’est
une bonne façon pour moi de boucler la
boucle: 25 ans de Juste pour rire, 50 ans
de carrière pour moi. Je le fais d’une part
pour m’amuser et pour dire bye-bye.
Après ça, fini la scène pour moi… Enfin,
on verra…»
Et que nous prépare l’humoriste qui
célébrera dans quelques semaines son
72e anniversaire pour ces onze présences
sur la scène du St-Denis?
«En ce moment, j’ai onze monologues
que j’ai retravaillés pour les actualiser,
explique-t-il. J’ai préparé onze numéros
de dix minutes. Mais ça dépend. S’il y a
un monologue que j’ai vraiment trop de
plaisir à faire, je veux peut-être le faire
plus d’une fois.»
Et ça dépendra aussi des thématiques
de chacun des galas – il y en a cinq en
tout (celui de Dominique Michel, de Laurent
Paquin, de Marc Labrèche, de François
Morency et de Lise Dion), présentés
chacun à une, deux ou trois reprises.
«Pour son gala, Dodo veut le monologue
sur les vieux parce que son gala porte là-dessus.
Pour celui de Lise (Dion), je vais
probablement faire Mirabel un soir et Les
Ethnies un autre soir. Disons que Les
Ethnies se sont très bien adaptées avec ce qui
s’est passé récemment. Dans Mirabel, je
vais pouvoir faire des références aux
récentes élections provinciales.
«J’ai essayé de ramasser ce que je
pense qui est le plus pertinent de mes
dernières années. Je ne change pas le
fond ni la structure des monologues. Je
ne fais qu’intégrer deux ou trois éléments
reliés à l’actualité. Et je suis sûr
que sur place, il va se passer des choses. »
Avant l'entracte
En fait, la seule chose qui ne changera
pas d’un soir à l’autre dans les performances
de Deschamps, c’est le moment
qu’elles occuperont dans la soirée. En
vieux sage qui connaît tous les bons trucs
du spectacle, le vétéran a demandé que
son monologue soit présenté chaque soir,
tout juste avant l’entracte.
«C’est l’fun être vieux, ça me permet de
faire ce genre de demande, rigole-t-il. La fin
de la première partie, c’est la meilleure place.
Parce que ça ne me tentait pas d’être placé entre deux
numéros et que comme ça,
les gens vont pouvoir parler de mon numéro pendant
les 20 minutes de l’entracte.»
Yvon Deschamps a longtemps été associé
à Juste pour rire. Il a animé des galas
à chaque année de 1992 à 1996.
Pourtant, sa première participation à
l’événement n’avait pas été très
concluante.
«Juste pour rire a presque mis fin à ma
carrière en 1983», lance-t-il en riant un
bon coup.
«C’était la première édition de Juste
pour rire, et j’avais fait un monologue
très correct dans un des galas. Le problème,
c’est que dans le show, il y avait un
Français, un imitateur de bruit, qui était
tellement bon et original qu’il avait eu
droit à trois standing ovations. Le lendemain
dans les journaux, on disait que je
m’étais fait voler le show par un Français.
Je l’ai pris rough. Je me suis dit:
c’est fini, Juste pour rire. Ils ne me verront
plus là. Jamais!»
Mais Yvon Deschamps est bien placé
pour le savoir: il ne faut jamais dire
jamais…