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Gala Les Olivier - Le cerveau des Têtes à claques
© Pierre-Paul Poulin - Journal de Montréal
Michel Beaudet

GALA LES OLIVIER

Le cerveau des Têtes à claques

Marie-Joëlle Parent
26-05-2007 | 04h00
Et le gagnant est…Uncle Tom et Les Têtes à claques. C’est un des scénarios probables demain soir, au moment d’ouvrir l’enveloppe de l’Olivier de l’année. Neuf mois après leur création, Les Têtes à claques sont un véritable phénomène qui bouleverse l’univers de l’humour au Québec. Il ne suffit aujourd’hui que d’un ordinateur et d’un esprit débridé pour faire rire les chaumières. Une révolution pointe-t-elle à l’horizon?

Uncle Tom, Raoul et les ti-papoutes de Michel Beaudet sont en nomination pour l’Olivier de l’année. Comme c’est le public qui vote pour cette catégorie, ce serait peut-être le temps de gager un p’tit 10.

Ironiquement, ça fait moins de un an qu’elles existent. Avec trois millions de visiteurs uniques chaque mois, Les Têtes à claques sont le plus gros site Internet francophone du Canada. Après la scène, la radio et la télévision, l’humour se consomme désormais dans le Web, gratuitement, à volonté et bien assis dans votre salon… ou au bureau, au grand dam des patrons!

Il faut remonter aux années 1990 pour retrouver un raz-de-marée semblable. François Pérusse avait créé toute une vague avec ses capsules radio, dont le Québec connaît encore les paroles par coeur. Snack bar chez Raymond…

Aujourd’hui, la révolution, c’est le Net, «c’est l’avenir», dit Michel Beaudet. Internet deviendra-t-il la nouvelle scène de prédilection et une catégorie ajoutée aux Oliviers? Michel Beaudet croit que oui. «Il va y avoir plein de gens qui vont faire comme nous autres.»

Michel Beaudet, ancien publicitaire de talent qui a tout lâché après 15 années de dur labeur, marche aujourd’hui dans les plates-bandes des humoristes.

Gloire

À 40 ans, le papa des Têtes à claques est passé de l’ombre à l’avant-scène, porté par un succès hors du commun. Les universités veulent l’avoir comme conférencier, il signe des autographes aux enfants, on le reconnaît même à l’épicerie entre la section des Pop-Tarts et celle des «pétates».

Il est en nomination aux Olivier, demain, aux côtés de Louis-José Houde, Stéphane Rousseau, Patrick Huard et cie. Trouve-t-il sa place parmi la clique des humoristes?

«Je ne me considère pas comme un humoriste classique. Ça a l’air que je fais rire le monde avec mon affaire. C’est une nouvelle façon d’entertainer les gens au Québec et je suis le premier à le faire», dit-il.

Sa place, cependant, il ne l’a pas volée; son concept, il en est fier. «On a les plus grosses cotes d’écoute en humour au Québec, il n’y a aucun show d’humour qui accote ça. On a notre place grâce à ça. Mais gagner quand ça fait seulement neuf mois qu’on existe, c’est un peu tôt», consent-il.

Le secret du succès des Têtes à claques, c’est avant tout une bonne dose de timing, de simplicité et d’absence totale de compétition, contrairement à un humoriste qui sort de l’École de théâtre, pour qui la barre hissée par les Deschamps, Dion et Houde est haute.

«Les scripts que j’écris, finalement, ne sont pas si drôles. Je ne travaille pas autant sur mes textes que les humoristes. Le fait que ça soit un peu tout croche, ça séduit aussi», dit-il.

Et puis il y a la satire sociale comme fil rassembleur des 52 clips sortis de l’imaginaire de Michel Beaudet, ou plutôt inspirés de son quotidien d’ancien adepte des 5 à 7. Quand le Québec rit du p’tit couple de Monique et Lucien, de Raoul le playboy colon ou du touriste en chemise hawaïenne, il rit un peu de lui-même.

Michel Beaudet est finalement un heureux mélange d’humoriste avoué sur le tard doublé d’un businessman redoutable.

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