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BAR au Théâtre Prospero - À la santé de deux pauvres clowns
© Photo Courtoisie Lydia Pawelak
Les interprètes Marc Beaupré et Pierre-François Legendre y sont charmants, mais ne passeront pas à l’histoire.
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BAR AU THÉÂTRE PROSPERO

À la santé de deux pauvres clowns

Marie-Hélène Goulet
11-01-2011 | 13h19

Après Il Campiello de Goldoni, le Théâtre de l’Opsis poursuit son Cycle italien dans l’humour avec BAR, de Spiro Scimone.

La comédie passe cette fois par deux clowns pathétiques, Petru et Nino, des amis qui ont le destin aussi modeste que l’esprit.

C’est dans l’arrière-boutique d’un bar miteux que l’on retrouve les deux compères, qui prennent rapidement des allures de Sol et Gobelet.

Petru (Marc Beaupré) est une canaille de très petite envergure, qui essaie de se tailler une place dans la mafia locale, tandis que Nino (Pierre-François Legendre) est barman depuis 20 ans dans l’établissement de son oncle, mais il rêve de servir des apéritifs ailleurs.

Comme Petru pense avoir flairé la bonne affaire en jouant aux cartes avec un puissant, il complote avec son meilleur ami afin de tricher au jeu. L’alliance de sa femme, le réfrigérateur et même son habit de mariage seront alors perdus à jamais.

C’est avec beaucoup de simplicité que la metteure en scène Luce Pelletier dirige ses comédiens à travers les dialogues naïfs de Scimone. Dans un espace exigu et défraîchi, les acteurs se transforment en deux enfants, dont leurs habits d’adultes sont bien trop grands à porter.

Les mouches et les coquerelles

Dans ce qui s’apparente à un siège de quatre jours dans l’arrière-boutique, Petru et Nino laissent tomber quelques bribes sur eux-mêmes, qui sont aussi drôles que touchantes pour les spectateurs.

Ainsi, on apprend que l’un jouait «aux mouches» quand il était petit, alors que l’autre s’amusait plutôt à attraper des coquerelles vivantes.

On découvre aussi l’univers de Nino le barman, qui avant d’entrer au service de son oncle n’était qu’un enfant. Depuis, son quotidien se partage entre le bar et l’appartement de sa maman, qui bloque son cadran depuis 20 ans afin de lui servir le café au lit.

Durant 55 minutes, la comédie fait un léger arrêt sur image dans la vie des deux comparses. Le texte, mais surtout les personnages interprétés avec justesse par Marc Beaupré et Pierre-François Legendre y sont charmants, mais ne passeront pas à l’histoire.

On entre dans ce BAR le temps d’une consommation et on y ressort bien satisfait, mais tout en sachant qu’on n’en deviendra pas un habitué. Quoique les bars à cocktails ne peuvent-ils pas être parfois un peu étouffants? Salute!

BAR, du Théâtre de l’Opsis, est présenté jusqu’au 5 février au Théâtre Prospero.

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