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FAITS POUR S'AIMER
Faits pour jouer ensemble
Claudia Larochelle
07-12-2008 | 04h00
Quelle est donc cette
scène d’Annie Hall ou de
When Harry Met Sally qui
vous trotte dans la tête?
La pièce Faits pour s’aimer,
une traduction de It Had to
Be You, regorge elle aussi
de moments craquants
qui feront battre les coeurs
amoureux ou ceux qui
l’ont déjà été.
Dans un huis
clos rempli d’humour,
Danielle Proulx et Henri
Chassé forment un duo
qui se retrouve le plus
naturellement du monde.
It had to be you, it had to be you,
I wandered around, and finally found
The somebody who could make me be true
Could make me be blue or even be glad…
Cuuuuutttte… Elle nous reste dans la
tête, douce comme un murmure, elle a
fait partie de When Harry Met Sally et
d’Annie Hall, elle signifie plein de
choses en même temps pour des amoureux
comme les auteurs Joseph Bologna
et Renée Taylor, qui ont vu dans cette
chanson le titre d’une de leurs pièces à
deux qui connut un franc succès à sa
création, en 1981 au John Golden Theater
de New York.
CE PREMIER REGARD…
C’est en s’inspirant de leur première rencontre,
en 1965, que l’actrice et le producteur
et réalisateur de pubs ont écrit cette
pièce, comme bien d’autres par la suite.
Dans Lovers and Other Strangers, leur première
en duo, comme dans Made for Each
Other et If You Ever Leave Me, il était
chaque fois question de relations de
couple, de langage amoureux, de crises et
de moments d’euphorie, de questions existentielles,
etc.
It Had to Be You ne fait pas exception
parce qu’il s’agit de la rencontre entre
deux personnages peu banals, une actrice
fauchée à la vie sentimentale désertique
et un producteur de messages publicitaires
qui accumule les succès et les
conquêtes féminines.
SOUS LE GUI
Adaptée et traduite en français par
Danielle Proulx, Faits pour s’aimer montre
sous leur vrai jour une Suzie Belleau et un
Vito Di Stasio, deux êtres que rien ne rassemblait
à première vue, mais qui devront
apprendre à se connaître à cause d’un
caprice de Dame Nature à la veille de Noël.
Dans une mise en scène de Michel Poirier,
cette adaptation qui a d’abord vu le jour à
l’été 2006 au Théâtre Beaumont-Saint-
Michel revient sur les planches de chez
Duceppe cette fois.
Dans l’entrepôt de l’est
de la ville, où il faut répéter encore un peu
pour se remettre dedans deux ans après la
création québécoise, Danielle Proulx et
Henri Chassé se retrouvent comme s’ils ne
s’étaient jamais quittés. Si leurs personnages
sont faits pour s’aimer, eux sont faits
pour jouer… ensemble!
Préoccupations éternelles
Albert Einstein disait que ce n’est pas grâce à l’attraction terrestre que des gens
deviennent amoureux.
Dans Faits pour s’aimer, la tempête y est peut-être pour
beaucoup, à moins que ce ne soit l’entêtement de chacun, leur caractère bouillant
et cette façon qu’ils ont de se tenir tête. Une histoire qui peut ressembler à
tellement d’autres, qui parle sûrement un peu de vous aussi.
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Même si cette pièce n’a rien de
poignant, ne tient pas de propos
psychanalytiques, n’explose pas
d’intensité, elle n’en demeure
pas moins empreinte de préoccupations
assez répandues et éternelles
sur le désir d’aimer, de
trouver l’âme soeur et d’être
capable d’apprivoiser la planète
de l’autre sexe avec un doigté
étonnant.
Quand Danielle Proulx a mis la
main sur ce texte il y a 18 ans, elle
n’a pas craqué. Rien dans ce personnage
féminin ne lui plaisait.
Cette actrice lui tapait même sur
les nerfs. Elle a laissé la pièce de
côté, puis y est revenue avec un
regard plus neuf il y a un peu
plus de deux ans. C’est ainsi
qu’en 2006, elle a été jouée en
français à Québec dans une mise
en scène de son complice, Michel
Poirier.
DES SECRETS PIQUANTS
«Je l’ai traduite et actualisée.
Les personnages font des références
à des choses qui nous
concernent ici, à notre époque»,
souligne l’actrice. Puis, depuis
cet été-là, elle l’a retravaillée
encore pour que, chez Duceppe,
elle ait un je-ne-sais-quoi d’un
peu différent, pour approfondir
la psychologie des personnages
pour que leurs petits secrets
piquent davantage la curiosité
des spectateurs.
Encore et depuis sa création en
français, elle a voulu que ce soit à
nouveau Henri Chassé qui incarne
Vito.
«C’était un premier
choix et puis on a joué assez souvent
ensemble pour que je sache
que ça allait bien se passer, que
nous avions une grande confiance
mutuelle», explique Danielle
Proulx.
«Rapidement, on arrive à faire
ressortir le meilleur de l’autre»,
ajoute Henri Chassé, qui la taquine,
lui disant qu’elle aurait sans
doute été plus comblée avec Roy
Dupuis!
Bien sûr, les
quelque cinquante fois qu’ils
ont joué cette comédie
romantique, ce fut le plaisir,
les fous rires, un pur divertissement
qui leur rappelle le
trip qu’ils ont de jouer encore et
encore, de faire rire le public.
Faut dire que leur personnage
respectif a de quoi distraire.
«Sa carrière en pub comme
ses histoires d’amour vont bien,
extérieurement ça va bien, mais
à l’intérieur de lui, c’est le vide»,
décrit l’acteur.
«Elle, elle a une énergie folle,
elle est branchée avec son coeur
et n’a pas peur d’être qui elle est.
C’est aussi une survivante qui est
dotée d’une rare détermination
avec une résilience», poursuitelle.
En «tombant» sur elle, il est loin
de s’imaginer à quel point il sera
confronté…
LE SENS D’UN SENTIMENT
«Il y a un regard sur l’amour,
mais ça n’a rien de gnangnan,
sans compter qu’il y a aussi
d’autres thèmes qui viennent
chercher les gens», exprime
l’interprète de Suzie Belleau.
Le métier d’actrice, être parent,
le fait de vieillir, les deuils obligatoires,
les rêves déchus ou encore
possibles, les regrets et les
remords et le prix du bonheur
font partie des sujets parallèles
qui viendront tirer sur l’une ou
l’autre de vos cordes sensibles.
Les deux complices confient
même qu’ils ont vu des gens
pleurer à la tombée du rideau,
qu’il y a une petite recette
magique là-dedans qui fait que
les comédies romantiques sont
comme des bonbons sur lesquels
on ne peut pas lever le nez. Même
pas par prétention.
Faits pour s’aimer, une pièce de Joseph Bologna
et Renée Taylor, mise en scène de Michel
Poirier. Avec Danielle Proulx et Henri
Chassé. Chez Duceppe du 17 décembre au
7 février.