Mise à jour: 22/02/2011 10:51  
Loi spéciale
Les procureurs réclament le départ de Louis Dionne
Geneviève Lajoie
 
Les procureurs réclament la démission du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Louis Dionne, qui est demeuré muet pendant le conflit qui a opposé Québec à ses avocats au cours des derniers jours.

«Les procureurs ne comprennent pas pourquoi Louis Dionne n'a pas pris la parole pour défendre l'institution, ça fait en sorte que le lien de confiance est brisé», a pesté ce matin le président de l'Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales, Christian Leblanc.

Selon lui, l'indépendance entre le gouvernement et le Directeur des poursuites criminelles et pénales n'est pas réelle.

Le protecteur du citoyen, le Directeur général des élections, le Vérificateur général relèvent tous de l'Assemblée nationale, a insisté M. Leblanc. Comment se fait-il que le DPCP se rapporte lui au gouvernement?, s'interroge-t-il.

La question est d'autant plus importante dans la mesure où Louis Dionne relève directement du conseil exécutif, le ministère du premier ministre, a-t-il continué.

Lundi, pour dénoncer le recours au bâillon pour forcer le retour au travail des avocats du gouvernement, plus de la moitié des quelque cinquante procureurs en chef et procureurs en chef adjoints de la province ont demandé à être démis de leurs fonctions.

La réponse de Louis Dionne fut d'émettre un communiqué disant qu'il ne consentait pas à ces demandes de reclassements et que les procureurs en chef et procureurs en chef adjoints devaient demeurer à leur poste de cadre jusqu‚à nouvel ordre.

L'opposition aussi

Les partis d'opposition croient eux aussi que le Directeur des poursuites criminelles et pénales devrait réfléchir à son avenir.

Selon la chef péquiste Pauline Marois, Me Dionne n'aurait jamais dû refuser les demandes de réaffectations des procureurs chef et procureurs chef adjoints. «Il n'a plus la confiance des gens qu'il dirige», a-t-elle soutenu ce matin, en point de presse à l'Assemblée nationale.

La leader parlementaire adéquiste, Sylvie Roy, réclame quant à elle la démission pure et simple de Louis Dionne.

Comme les procureurs, elle estime que c'est à l'Assemblée nationale que revient la responsabilité de nommer le DPCP, qui ne devrait pas relever directement du gouvernement.

 
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