Mise à jour: 20/08/2010 10:16  
Arrestations en marge du G20 à Toronto
« Traitées comme des criminelles du début à la fin» - Maryse Poisson
Alexandra Roy
 
Les accusés du G20 estiment que leur réputation et leur dignité ont été atteintes lors de leur détention qui a duré 60 heures à Toronto. Photo: archives 24H
Après avoir avoir adressé une mise en demeure à l'endroit du Service de police de la Ville de Montréal plus tôt cette semaine, les deux soeurs Poisson n'en reviennent toujours pas du traitement qu'elles ont subi lors des arrestations du G20 à Toronto.

En entrevue avec 24H samedi, Maryse Poisson, porte-parole du Regroupement des arrêtées du G20 (RAG20), a affirmé que la réputation et la dignité d'au moins 75 Québécois avaient été atteintes lors de leur détention, qui a duré 60 heures à Toronto.

« On a été accusé d'avoir comme armes des macarons, des cartes du centre-ville et des pamphlets! La police a dit avoir trouvé des briques et des bâtons, mais c'était à l'extérieur de l'université où nous étions. On n'a eu aucune présomption d'innocence. Du début à fin, a été traité comme des criminels », déplore-t-elle.

Mise en demeure

Un peu plus tôt cette semaine, les deux soeurs, qui font face à des accusations de complot, ont adressé une mise en demeure à l'intention de policiers montréalais qui étaient à Toronto pour prêter main-forte aux agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

« On blâme les policiers de Montréal d'avoir participé à une arrestation illégale. Ils ne nous ont pas suivi au centre de détention, mais ils étaient présents lors des arrestations. Ce qu'on trouve exagéré, c'est que la police de Montréal ne se soit pas opposée à ce qui se passait à Toronto », peste Maryse Poisson.

« Mets tes mains par terre et tousse »

De plus, les accusés auraient été fouillés à nu à deux reprises au cours de leur détention. « Tous les hommes et les femmes arrêtés ont été fouillés à nu. Les policiers passaient aux demi-heures autour des cellules en criant nos noms quand c'était notre tour. Cela nous a empêché de dormir. C'était très stressant », raconte-t-elle.

« C'est humiliant d'entendre les policières te demander de te déshabiller et de te dire "mets tes mains par terre et tousse". En plus, il y avait des policiers hommes qui passaient dans les couloirs et qui pouvaient nous voir », déplore la jeune femme de 21 ans, qui qualifie ces fouilles d'abusives.

Une quarantaine d'accusés, qui se sont joints au RAG20 plus tôt cette semaine, affirment avoir été été victimes de « torture psychologique » lors de leur détention.

« On a été en détention pendant plus de soixante heures dans des conditions inacceptables. On a tous été privés de sommeil pendant deux jours, on n’avait très peu d’eau, très peu de nourriture. On n’a pas eu accès à des avocats dans des délais raisonnables. Pour plusieurs personnes, ça a pris plus d’une cinquantaine d’heures avant de pouvoir faire un appel », a indiqué plus tôt cette semaine Mme Poisson, qui rappelle que toutes les personnes arrêtées auraient subi le même traitement.

Pour le moment, les deux soeurs réclament 80 000 $ chacune en dommages et intérêts, mais d'autres réclamations pourraient se rajouter au cours des prochaines semaines.

Le RAG20 a été lancé jeudi à Montréal dans le but de faire tomber les charges criminelles qui pèsent contre eux. Les accusés réclament en plus une commission d'enquête publique pour faire la lumière sur ces arrestations.

Selon le RAG20, le décret adopté en catimini par le gouvernement ontarien en juin dernier aurait donné plus de pouvoir aux policiers durant le sommet.

« On veut une commission d'enquête publique indépendante pour que les responsables politiques de ce qui s’est passé soient imputables de leurs actions aussi », ajoute Mme Poisson.

Maryse et Jacynthe Poisson comparaîtront le 23 août prochain à la Cour provinciale de Toronto, en même temps que d'autres accusés québécois.

Avec la collaboration de l'Agence QMI.

alexandra.roy@24-heures

 
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