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Je suis fasciné par ces histoires vraies, mais qui font disparaître la frontière entre la fiction et la réalité.
Après le génocide rwandais de 1994, le dictateur Mobutu ouvrit les portes du Congo aux Hutus qui avaient exterminé 800 000 Tutsis. Assoiffés de vengeance, ces derniers pénétrèrent en territoire congolais. Ce conflit oublié est le plus meurtrier depuis 1945: 5,4 millions de morts. Ça fait environ 45 000 morts par mois, 1 500 par jour, 62 par heure, un par minute.
Byabey Kambale a aujourd'hui 16 ans. À 11 ans, il fut forcé de devenir un enfantsoldat. Dans la revue XLSemanal, il raconte que lui et ses camarades furent obligés de manger les ennemis qu'ils tuaient. Il dit avoir personnellement mangé 10 Rwandais. Froidement, il explique qu'il trouve la chair humaine plus savoureuse que le veau ou l'agneau. Il est maintenant dans un centre de «récupération». On tente d'en faire un être humain.
ANONYME
Le journaliste a choisi de l'appeler Mourad. Ce n'est pas son vrai nom. Mourad raconte ce que c'est que d'être gai au Maroc. C'est simple: l'article 489 du Code pénal de 1962, toujours en vigueur, prévoit une peine de prison de trois ans pour le «crime» d'homosexualité. C'est donc la clandestinité.
Les frères de Mourad sont des islamistes purs et durs. Ils disent à Mourad que la religion peut le «guérir». En attendant de trouver la lumière divine, Mourad veut aller voir Elton John, qui doit donner un concert à Rabat. Les islamistes sont en furie. Cet artiste «dégénéré» ne devrait pas fouler le sol marocain. Heureusement, le roi Mohamed VI est le parrain d'honneur de l'événement, ce qui calme le jeu.
SAVOUREUX
Dans le registre de l'absurde, rien ne battra jamais l'ONU. La Lybie, où sévit l'un des régimes les plus répressifs de la planète, vient d'être élue à l'un des 14 sièges à pourvoir au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Oui, les droits de l'homme. Comme les sièges sont répartis par blocs régionaux, la Lybie s'est entendue avec l'Iran, qui a préféré un siège sur la Commission de l'ONU sur le statut de la femme. Sublime.
L'écrivain américain Philip Roth, lui, est sur la liste des candidats au Prix Nobel de littérature depuis toujours. On lui préfère généralement des écrivains qui eurent l'infortune d'être persécutés ou qui proviennent de petits pays sympathiques.
PIGISTE-ESCROC
Roth donnait récemment une entrevue à une journaliste italienne. Elle lui demande des précisions sur les propos peu flatteurs de Roth sur Obama. «Mais de quoi parlez-vous?» dit-il. J'appuie le président, se défend Roth. Elle lui tend alors une copie d'une «entrevue» que Roth aurait donnée au «journaliste» Tommaso Debenedetti, publiée dans le journal Libero.
Une pure fabrication. Roth ne lui a jamais parlé. On fouille et on découvre que ce pigiste-escroc a concocté des entrevues imaginaires avec les plus grands écrivains vivants: Grass, Naipaul, Saramago, Morrisson, tous des Prix Nobel. Aucun ne l'a jamais rencontré. Depuis des années, il vendait les «entrevues» pour une petite fortune. Il parodiait à la perfection les idées, les tics de langage et les tournures d'esprit de ses victimes. L'être humain, tout simplement.
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