Mise à jour: 13/01/2010 19:33  
haïti
Une zone propice
Diane Tremblay
 
L’île d’Hispaniola, qui comprend Haïti et la République dominicaine, est considérée comme une zone propice aux tremblements de terre puisque c’est dans cette région que se rencontrent les plaques tectoniques de l’Amérique du Nord et des Caraïbes.

« C’est une zone propice à des événements comme ceux qu’on a vus à Haïti. L’île est érigée sur deux failles majeures qui exercent un mouvement horizontal. Ce contexte-là est assez semblable à ce qu’on retrouve le long de la faille de San Andreas », a expliqué, hier, M. Jacques Locat, professeur au département de géologie et de génie géologique de l’Université Laval.

Selon M. Locat, dès qu’on parle d’une intensité de 7 à l’échelle de Richter, on parle d’un contenu énergétique majeur. D’ailleurs, il n’est pas impossible que d’autres séismes tout aussi dévastateurs frappent de nouveau Haïti au cours des prochains mois.

« Depuis hier, on sait qu’il y a eu deux répliques dont la force est comprise entre 5 et 5,9 sur l’échelle de Richter et 21 secousses entre 4,5 et 4,9. D’habitude, les répliques diminuent d’intensité graduellement. Mais tout ça est très aléatoire », a ajouté Mme Catherine Woodgold, sismologue à Ressources naturelles Canada.

D’après elle, un séisme d’une force comparable aurait fait beaucoup moins de victimes à Tokyo qu’à Haïti, où on évoque déjà des milliers de morts. « Au Japon, ils sont habitués aux tremblements de terre, dit Mme Woodgold. Ils construisent leurs maisons en fonction de cette donnée. »

Les constructions de terre cuite et de blocs de béton constituent ce qu’il y a de pire pour résister à des catastrophes naturelles comme celle qui a frappé ce qu’on appelait autrefois « le joyau des Caraïbes ».

« C’est ce qui résiste le moins. Les maisons en ossature de bois comme on en retrouve chez nous sont plus souples. Les gens peuvent adapter leurs méthodes de construction. Le but n’est pas de construire une maison qui reste intacte, mais plutôt de faire en sorte que les gens qui y vivent puissent survivre », a précisé M. Locat.

Un séisme d’une magnitude de 7 équivaut à un contenu énergétique dix fois plus fort qu’un séisme de 6. Le 25 novembre 1988, le Saguenay et Québec avaient subi un tremblement de terre de 5,9. Les dégâts ont été évalués à 10 millions de dollars. Aucune perte humaine n’avait été enregistrée.

 
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